Un projet féministe en construction
L’Île-de-France doit se conjuguer au féminin pour la liste du Front de gauche. Mercredi, à la Bellevilloise, au coeur de ce quartier populaire du 20e arrondissement de Paris, plus d’une centaine de militantes et responsables d’associations féministes avaient répondu à l’invitation du Front de gauche pour participer à ce premier atelier-forum ayant pour thème « Le défi féministe » et pour objectif de construire des propositions concrètes.
Pour Pierre Laurent, tête de liste régionale, si ce thème est le premier abordé par les ateliers, ce n’est pas le fruit du hasard. « Nous plaçons l’égalité dans tous les domaines au coeur même de notre projet », affirme-t-il, avant d’ajouter : « Il est inconcevable pour nous que l’égalité hommes-femmes n’en soit pas l’un des moteurs essentiels. » Invité par Henriette Zouguébi, conseillère régionale, à « s’emparer des propositions pour les enrichir et faire de “l’en commun” », les participant(e)s ont débattu, deux heures durant, en montrant l’ampleur des discriminations, des inégalités dont souffrent les femmes et l’exigence, comme le souligne Claire Villiers, conseillère régionale, « des mobilisations citoyennes » pour faire « bouger les choses jusqu’à l’institution régionale ».
LA VOLONTÉ DE CONSTRUIRE DES ALTERNATIVES
Discrimination à l’emploi avec 700 000 femmes en temps partiel non voulu en région parisienne, discrimination sur les salaires avec 27 % de différence en moyenne, difficulté de logement pour les femmes en situation monoparentale, inégalité dans la formation et l’accès aux métiers, régression pour le droit à l’avortement quand six centres d’IVG risquent de fermer en Île-de-France, sexisme dans toute la sphère sociale, violence sexuelle… Loin d’être une litanie sans fin, ces témoignages accompagnent une volonté « de construire des alternatives », comme le souligne l’une d’elles. Ainsi, des propositions sont enrichies comme celle consistant à « conditionner les appels d’offres à l’application de l’égalité salariale et professionnelle », celle permettant de « financer une structure intermédiaire pour les femmes seules aux revenus modestes » et un autre établissement pour « celles qui sont victimes de violences ». On trouve aussi la proposition de « créer un observatoire régional des violences faites aux femmes ». Au-delà de ces propositions, une dizaine au total, Pierre Laurent affirme : « Pour avancer, il faut une action très volontaire des institutions et des élu(e)s en lien avec les mouvements féministes. » Convaincu que la région « peut-être le carrefour des convergences », il propose, « pour mettre en cohérence ambitions et moyens », que soit créée « une vice-présidence à l’égalité homme-femme » au conseil régional.
Max Staat
5 février 2010
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Source : http://www.humanite.fr/2010-02-05_Politique-_-Social-Economie_Un-projet-feministe-en-construction















