Sexe, genre et sexualité : rentrée chaude pour la droite !
- un sexe pluriel (chromosomique, hormonal, gonadique,…) qui ne détermine à l’avance ni le genre ni la sexualité d’un individu ;
- un genre qui traduit la construction sociale et culturelle de la différence des sexes et varie en fonction des époques, des lieux et des milieux socioculturels,
- et une sexualité potentiellement variable tout au long de la vie, sans corrélation avec le sexe ou le genre de l’individu qui la pratique.
C’est dans cet état des savoirs scientifiques que s’inscrivent le nouveau programme de SVT et les manuels incriminés.
Pour justifier l’archaïsme de leur position, ces parlementaires mettent en avant « la confusion » et « l’absence de repères » que pourraient créer chez un-e jeune l’apprentissage de la théorie du genre. Comment un concept qui permet de déconstruire les argumentations essentialistes fondées sur un prétendu déterminisme biologique pour discriminer les individus en fonction de leur sexe, de leur sexualité ou du genre qu’ils se donnent, peut-il créer de l’insécurité et de l’angoisse ? Notre société ne l’est-elle pas davantage par les discriminations, les violences et la précarité qu’elle génère ? Ces parlementaires auraient-ils oublié les conclusions du rapport sur les discriminations en milieu scolaire remis au ministre de l’Education le 22 septembre 2010 : l’ampleur de l’homophobie et du sexisme à l’école nécessitent que l’institution agisse contre ces discriminations pour sécuriser le parcours scolaires des élèves qui en souffrent ? Vouloir balayer les apports scientifiques du genre, ce n’est pas protéger les jeunes, c’est au contraire les fragiliser en reculant sur la lutte contre le sexisme et l’homophobie.
Consciente de cette situation, j’ai fait adopté par la Région en octobre 2010, le dispositif « Jeunes pour l’égalité » afin d’engager les jeunes dans une démarche active et participante contre le sexisme et l’homophobie, et en faveur de la laïcité en tant que principe fondamental pour vivre ensemble, en toute égalité, au-delà les différences d’opinion.
Le Pass Contraception mis à disposition des jeunes, filles et garçons, depuis février 2011, s’inscrit dans cette même volonté de donner aux jeunes des moyens de construire leur propre sexualité, en toute liberté, c’est-à-dire en ayant accès à des spécialistes qui peuvent leur transmettre des connaissances précises pour qu’ils et elles vivent une sexualité libérée de craintes obscurantistes ou de menaces d’éventuelles maladies sexuellement transmissibles ou de grossesses non désirées.
Enfin, par la gratuité des manuels scolaire, la Région investit pour que chaque jeune étudie dans les meilleures conditions et ait accès par ces nouveaux manuels aux connaissances les plus actuelles. Les manuels de SVT incriminés ne méritent pas la fronde actuellement menée par des députés terrorisés par l’idée de la multiplicité et de la variabilité de l’identité. Chacun-e de nous a en effet pu en faire l’expérience : nous ne sommes pas les mêmes à 5 ans ou à 20 ans, tout en restant la même personne. Il en va de même pour l’identité sexuée et sexuelle.















