Une élue à vos côtés

Rapport cadre « Après la consultation du printemps 2011, répondre aux attentes des lycéen-ne-s »

Comme vous le savez, la consultation « Paroles de lycéen-ne-s » menée au printemps 2011  a permis d’aller à la rencontre de près de 2000 jeunes.

Ma première satisfaction a été de constater qu’il et elles se sont largement saisis de cette enquête d’envergure lancée par la Région. Leur parole autour des questions de réussite, de projet, de difficultés rencontrées,  de ce qu’il faut changer au lycée pour lever les obstacles a été forte et claire..

Autant de lycées et autant de débats : Les lycéen-ne-s sont très divers par le territoire où ils vivent et étudient, par leur origine sociale et culturelle, par les filières qu’ils fréquentent.

Dans cette  diversité, ils et elles ont exprimé, de façon récurrente un même désir de réussite, Dans un contexte ou la crainte du chômage et de la précarité pèsent très fort, ils ont très lucidement, pointé l’importance du diplôme.

Ils ont dénoncé une école qui sélectionne trop tôt et trop vite, une école ou les filières sont trop fortement hiérarchisées. La coupure, selon l’expression des lycéen-ne-s,  entre les « professionnels », les « technologiques » ou les « généraux » est souvent ressentie très douloureusement

Ils ont également exprimé un fort besoin d’écoute et de dialogue individualisé avec les adultes et regretté leur manque de disponibilité.

Je dois dire à cet égard mon inquiétude sur les conditions d’études qui leur sont faites en cette rentrée 2011. Je rappelle que 6500 élèves supplémentaires étaient attendus dans les collèges et lycées franciliens, Mais plus de 900 postes d’enseignants ont été supprimés pour cette rentrée.

Le constat se répète d’années en années et au final entre 2007 et 2012 les effectifs d’enseignants auront diminué de  près de 10%.

Les conséquences sont connues  avec des  conditions d’études dégradées pour tous les élèves. Les élèves les plus fragiles sont particulièrement pénalisés.  Les lycées professionnels sont les premiers touchés. De nombreux élèves, certain ayant moins de 16 ans, n’ont toujours pas d’affectation.

D’autres se voient imposer une formation dans un secteur qui ne correspond en rien à leur projet et à leur désir. Comment s’étonner dans de telles conditions qu’ils se découragent et abandonnent. Combien sont-ils aujourd’hui, pour de vrai, ces décrocheurs dont on parlera en fin de séance ?  Personne ne le sait exactement aujourd’hui mais je crains qu’ils soient bien plus nombreux que ne l’indiquent les évaluations officielles

L’acharnement du gouvernement contre l’école est tel qu’il aura réussi à mobiliser même l’école privée mardi dernier

Le soutien au mouvement du 27 septembre a témoigne que l’éducation et la jeunesse sont bien  des priorités incontournable.

Des jeunes qui ont besoin qu’on lui fasse confiance, « qu’on leur tende la main » comme me l’a dit un lycéen du lycée Doisneau de Corbeil, faute de quoi ils et elles se décourageront.

Les jeunes passent beaucoup de temps au lycée. C’est, bien sur, d’abord un lieu d’étude mais pas seulement.

Ils veulent que ce soit aussi un lieu de vie, plus ouvert au monde et aux arts.

Beaucoup de lycéens portent des projets collectifs qui peuvent et doivent  être soutenus par l’action régionale parce que mener à bien un projet c’est prendre en confiance en soi. Et c’est bon pour la réussite scolaire

Il s’agit avec le dispositif « Projet passion, Lycéens en Action » d’accompagner plusieurs centaines de projets autour de thématiques citoyennes (lutte contre les discriminations, développement durable), du sport et de la culture.

Les équipes éducatives ont aussi besoin d’un accompagnement  pour construire des initiatives permettant de travailler autrement avec leurs élèves en ouvrant leur classe sur l’extérieur. La révision des thématiques du dispositif « Projet Lycée Innovation Educative », la possibilité ouverte de travailler dans la durée va permettre de mieux répondre  à leurs attentes

Dans le même état d’esprit est proposé la montée en puissance du dispositif « jeunes pour l‘égalité » Celui ci  permet de dérouler, un programme ambitieux sur  l’égalité des filles et des garçons en particulier l’orientation et la représentation sexuée des métiers, le vivre ensemble entre filles et garçons.

Ce sujet s’impose comme une question centrale pour la réussite scolaire et le développement d’une véritable mixité, pour prévenir des violences  et  changer significativement la donne pour de très nombreux élèves aujourd’hui en échec.

A Nogent, Aubervilliers mais aussi Neuilly ou Fontainebleau les lycéen-ne-s  ont à juste titre dénoncé les préjugés et les clichés dont sont victimes les jeunes « des quartiers », et revendiqué largement l’égalité. Des mots très forts ont été prononcés, avec un appel à la République et à la démocratie. Oui, de très nombreux lycéen-ne-s sont confrontés à une discrimination incontestable

Nombre de lycéen-ne-s  nous ont notamment  alerté sur le fait qu’en l’absence de réseau, certains d’entre eux ne trouvaient pas de stage, pourtant obligatoires dans le cursus des formations professionnelles.

Face à cette réalité, un nouveau dispositif « les entreprises partenaires des jeunes  » visant à lever  les barrières et permettre l’accès de tous et de toutes aux stages est proposé. Je sais que le monde professionnel est prêt à se mobiliser. Sa présence a été significative dans les 15 débats et dans le comité de pilotage.

Nous pourrons signer de premières conventions à l’occasion du salon de l’éducation au mois de novembre.

Dans le même temps des rencontres inter lycées seront organisées. Entre établissements et territoires très divers pour  changer les représentations liées aux quartiers, ou aux territoires

Enfin la région mettra en place avant la fin de l’année 2011 l’observatoire régional de la réussite scolaire et la mixité sociale pour lutter contre les concurrences et les hiérarchies entre établissements.

Les lycéen-ne-s ont revendiqué d’être d’avantage associés aux prises de décisions dans leur établissement. Avec leurs mots, ils nous interpellent sur la question de la démocratie lycéenne

La mise en place d’une part de budget participatif constitue un élément de réponse  Il s’agit aussi de donner suite à la délibération présentée par le groupe Europe Ecologie Les Verts et adoptée par l’assemblée en novembre 2010. Il est proposé d’engager un travail dans le cadre de la commission lycée avec audition de l’Inspection générale dans la perspective de présenter un rapport sur le sujet au CR de novembre.

Faire vivre la démocratie lycéenne nécessite aussi de  mieux faire fonctionner les Conseils de la vie lycéenne dans chaque établissement. Un travail en coopération avec les rectorats a démarré sur le sujet.

Je terminerai en précisant que cette consultation doit trouver son prolongement dans des rencontres régulières avec les jeunes dont les formes restent à préciser. Certains d’entre eux assistent d’ailleurs à nos débats et j’en profite pour les saluer et leur dire en conclusion  que ce rapport constitue  la traduction de l’engagement régional auprès des jeunes francilien-ne-s.

- Une  région qui s’engage pour leur  réussite

- Une  région qui les protège et les soutient

- Une  région qui leur fait  confiance

- Une  région qui les respecte et entend, à travers l’ensemble de ses politiques leur donner toute leur place

Henriette Zoughebi

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