Le projet de Pécresse pour l’Ile-de-France = 100% poker menteur !
A la lecture du projet de Valérie Pécresse, on ne sait pas très bien s’il faut lui décerner la récompense de la meilleure comique de l’année, ou s’il faut laisser exploser sa colère tant son projet repose sur des manipulations insultantes à l’encontre des Franciliens et des Franciliennes, tant il joue avec nos demandes les plus urgentes.
Transports
Au grand nombre de Francilien-ne-s qui emprunte quotidiennement les transports en commun d’un point à l’autre de la Région, Valérie Pécresse propose de « construire une toile d’araignée des transports ». Elle oublie évidemment de préciser que ses ami-e-s du gouvernement bloquent depuis près de deux ans un projet de métrophérique, prévu par la Région, qui permettrait de se déplacer rapidement, de banlieue à banlieue, et de réduire les inégalités de mobilité qui existent entre Paris et la banlieue.
Logement
Aux Francilien-ne-s qui ont besoin de se loger, Valérie Pécresse répond qu’elle veut « inciter financièrement les maires à construire en respectant une vraie mixité de l’habitat pour en finir avec tous les effets ghettos ». Sa proposition vise l’accès au logement des « classes moyennes oubliées », nous dit-elle.
Oublie-t-elle encore que c’est la droite, avec sa loi Boutin, qui vire les salarié-e-s à revenus moyens des logements sociaux ? Que ce sont les maires de droite – comme à Neuilly-sur-Seine, aux Puteaux ou au Raincy – qui ne respectent pas l’obligation des 20% de logements sociaux ? Que ce sont les maires de ces villes qui construisent des ghettos pour riches et excluent de l’accès au logement les personnes qui en ont le plus besoin ?
Oublie-t-elle que ce sont ses ami-e-s du gouvernement qui empêchent la construction annuelle de 60 000 logements et le passage du taux obligatoire de logements sociaux de 20 à 30%, deux mesures votées par la Région ?
Accueil de la petite enfance
Aux familles et plus particulièrement aux femmes qui veulent continuer leur activité professionnelle après l’arrivée d’un ou plusieurs enfants, Valérie Pécresse promet de : « créer des crèches “zéro trajet” à proximité de gares rénovées multiservices et soutenir la création de crèches d’entreprises. »
Oublie-t-elle que sa famille politique et le gouvernement dont elle fait partie, ont pour objectif de diminuer le nombre de professionnel-le-s qualifié-e-s dans les établissements et services d’accueil des jeunes enfants ?
Pense-t-elle avoir une quelconque légitimité dans ce domaine, quand, jeudi dernier, 8 000 à 10 000 personnes manifestaient à Paris pour le retrait du décret sur l’accueil collectif de la petite enfance ? Quand on comptait plus de 50% de grévistes, ce qui est du jamais vu dans le secteur de la petite enfance ? Depuis septembre dernier, leur mobilisation ne faiblit pas et ce ne sont pas les douces manipulations de Valérie Pécresse qui les détourneront de leur vigilance.
Sécurité
Aux personnes victimes de violences, Valérie Pécresse promet de « lancer un plan de vidéoprotection dans les transports (gares, bus, 1ère rame de chaque train) et aux abords des lycées ».
Oublie-t-elle que les atteintes aux personnes les plus nombreuses sont les violences faites aux femmes et aux enfants ? Sait-elle que ces violences se passent le plus souvent dans le huis-clos de la famille où aucune vidéosurveillance n’est possible (ni souhaitable) ?
Sait-elle que la violence des jeunes n’est souvent que la reproduction d’une violence subie – par un adulte – sans qu’aucun autre adulte ne soit intervenu pour le protéger ?
Sait-elle qu’aucune caméra de surveillance n’a jamais protégé personne ? Que bien souvent il n’y a personne dernière les écrans, faute de moyen ? Et que, quand bien même y aurait-il quelqu’un-e, il faudrait qu’il ou elle soit formé-e pour intervenir efficacement ?
Se souvient-elle que, le 25 février dernier, lors du vote de la loi contre les violences, c’est précisément à la formation des professionnel-le-s que les député-e-s de droite se sont opposé-e-s sous prétexte que cela coûte trop d’argent…
Au fait, combien cela coûte-t-il de vidéosurveiller un lycée ? Une gare ?
En 2008, la France a dépensé 10,2 millions d’euros pour financer ou co-financer 304 projets de vidéosurveillance, soit 33 552,63 euros par projet. Autant d’argent qui aurait pu être utilement employé à une réelle protection des victimes et à la formation des professionnel-le-s.
Manipulations ou amnésie ?
Au-delà des solutions proposées qui n’en sont guère, les manipulations, ou peut-être l’amnésie galopante de la droite qui n’en démontre que plus son incapacité à tenir parole, témoignent d’un profond mépris envers les Francilien-e-s.
Nous devons dénoncer cette atteinte à l’intelligence de nos concitoyen-ne-s.
Nous devons les considérer comme des partenaires des politiques publiques pour qu’ils et elles croient de nouveau en la politique et en son pouvoir de transformation sociale.
Henriette Zoughebi















