Éboueurs Accord et fin de conflit à la Sepur
Chargés de la collecte des déchets ménagers en Seine-Saint-Denis, les grévistes demandaient de meilleurs salaires.
Les salariés de la Sepur, à Neuilly-sur-Marne, chargés de la collecte des ordures ménagères dans six villes de Seine-Saint-Denis, ont repris jeudi le chemin du dépôt après plus de dix jours de grève. Soutenus par la CGT et les élus communistes de la région, 80 % des 150 salariés du site avaient cessé le travail le 26 avril pour demander une amélioration de leurs conditions de travail, et une revalorisation de leurs salaires. Jeudi matin, après une assemblée générale houleuse, ils ont voté à bulletin secret la reprise du travail, après avoir pris connaissance du résultat de la réunion de négociation de la veille. Une négociation longue, laborieuse, menée sous l’oeil d’un médiateur – le directeur régional du travail et des transports – qui a abouti à un protocole vers 23 heures mercredi. La direction du site, mandatée par la direction générale de la Sepur, y était venue avec » pas grand-chose « , estime Jean-Gilles Cousin, secrétaire général de l’union locale CGT, venu épauler les grévistes dans leurs négociations. Les négociateurs sont toutefois parvenus à un protocole de fin de conflit acceptable pour les grévistes, qui demandaient notamment une revalorisation salariale de 10 %. La direction refusait d’en discuter avant la négociation annuelle sur les salaires prévue le 18 mai. » Nous avons obtenu des garanties qui encadreront cette négociation « , explique Jean-Gilles Cousin. » Nous avons la promesse que les hausses de salaires seront supérieures à celles de l’année dernière, qui étaient de 6 %, et nous avons aussi obtenu la correction des inégalités qui existent sur le montant de la prime de casse-croûte, qui peut varier de 2 à plus de 5 euros « . Autre promesse, la négociation salariale intégrera des discussions sur une « grille claire » qui permettra des « évolutions de carrière » « , explique le syndicaliste.
Les salariés ont repris à contrecoeur le chemin du travail, contraints par les menaces de licenciement pour entrave à la liberté du travail qui pesaient sur quinze d’entre eux. Au grand soulagement des mairies concernées, ils ont mis les bouchées doubles pour nettoyer les ordures qui s’étaient entassées dans les rues. Henriette Zoughebi, conseillère régionale communiste d’Île-de-France, avait écrit la semaine dernière à la direction générale de la Sepur pour obtenir l’ouverture de négociations, suggérant au sous-préfet et aux maires concernés d’intervenir dans le même sens. » L’importance du service rendu à la population, la pénibilité de la tâche apparaissent clairement à qui circule dans les villes où le service est interrompu « , déclarait l’élue dans un communiqué, ajoutant : » Le sort de ceux qui, chaque jour, ramassent les déchets de nos villes et contribuent à les garder propres nous concerne tous. »
Lucy Bateman
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Paru dans : http://www.humanite.fr/2004-05-10_Politique_-Eboueurs-Accord-et-fin-de-conflit-a-la-Sepur















