Accueillir toute la richesse du monde

Des villes et des villages fleuris

Au nom du Comité régional du Tourisme Paris Ile-de-France, je suis très heureuse de vous retrouver au salon de la Nouvelle Ville pour la remise des Prix du Concours Régional des Villes et Villages Fleuris et de l’amélioration du cadre de vie.

C’est la deuxième année que la remise des prix se déroule ici, dans l’enceinte du salon de l’Association des maires d’Ile-de-France. Nous en sommes très heureux. Cette nouvelle configuration n’est pas dénuer de sens : elle tend à rapprocher les préoccupations des habitants pour leur cadre de vie au plus prêt des politiques locales.

On voit bien ces derniers temps combien la place des espaces verts dans la ville s’affirme en sujet essentiel, parfois même sensible dans les politiques publiques.

Notre présence parmi vous, nous donne l’occasion de valorisation l’action des aires pour le fleurissement et l’embellissement des villes.

Ceci est d’autant plus important que les modes de vie urbaine évoluent vers un plus grand niveau d’exigence de la qualité de vie.

Je suis assez étonnée par exemple d’observer à quel point l’espace public est investit d’une manière assez inédite. Des amis, des familles se retrouvent pour  des pique-niques en pleine ville, pas seulement dans les jardins, mais également  sur le bitume, dès qu’un espace convivial les y invite. C’est très visible le long du canal de l’Ourcq ou du canal Saint-Martin, notamment.

Quand on vit en ville, on veut  bien y vivre. Cela suppose des ruptures de rythme entre le paysage l’urbain et les éléments naturels.

Et cette question de qualité de vie interpelle tout particulièrement le Comité Régional du Tourisme Paris Ile-de-France. Car une destination où l’on se sent bien, est une destination où on aura envie de revenir.

N’oublions pas que si nos visiteurs choisissent Paris et sa région d’abord pour son patrimoine et sa vie culturelle, ils s’y intéressent de plus en plus pour partager une ambiance parisienne et art de vivre. Avec des moments de repos et des espaces propices à la flânerie.

Le succès des pistes cyclables, le développement des voies d’eau, redessinent de nouveau parcours de vie et d’animation. Un nouvel usage de la ville qui intègre une notion de plaisir.

Et je dirais que ce qui est bon pour nos visiteurs et visiteuses, est bon pour les Francilien/nes.

Si les touristes aiment passer les porches d’entrée pour découvrir les nombreuses cours arborées, les habitants eux-mêmes encouragent le fleurissement de leurs propres espaces de vie.

Le  succès des jardins partagés montre d’ailleurs tout le plaisir de se retrouver autour du jardinage. Il y a dans ces jardins, mais aussi dans les parcs, de formidables lieux où se crée du lien social.

C’est évidemment un facteur d’équilibre. C’est aussi un facteur d’émotion tant la nature fait souvent appel au plaisir des sens pour le bien-être du plus grand nombre des Franciliennes et des Franciliens. Le fleurissement met de la couleur dans les villes, il apporte du beau et du plaisir. Le plaisir de longer une belle allée, ou de se retrouver dans un bel environnement. En créant des lignes vertes, les nouvelles lignes de tramway montrent de manière assez remarquable le bénéfice à mieux intégrer le végétal dans le développement urbain des quartiers populaires et des centres villes.

L’aménagement des villes pose avec beaucoup d’acuité la question, encore une fois, de l’équilibre entre le végétal et le minéral.

Architectes et urbanistes ont d’ailleurs innové dans ce domaine. Et on voit fleurir, si je peux me permettre cette expression, des toitures ou des murs végétaux. Nous soutenons d’autant plus cette façon d’embellir la ville, qu’elle apporte des réponses concrètes aux nécessités  environnementales. Et qu’elle permet de penser la ville à long terme.

L’esthétique de la ville, l’atmosphère qui s’en dégage, passent bien sûr par la qualité accordée au bâtit, mais aussi au fleurissement.

Il me semble que nous ne devrions jamais négliger le lien entre le sentiment de beau et la fierté des habitant/es. La fierté de se revendiquer d’une ville, d’un territoire, pousse chacun/e d’entre nous au désir de mieux le faire connaître. D’inviter à le découvrir.

Et le secteur du Tourisme donne cette grande opportunité de partager les richesses de l’Ile-de-France avec des visiteurs du monde entier.

Ces préoccupations nous ont conduit, cette année, à porter le thème de notre débat sur le partage de l’espace urbain avec cette question « Quelle place inventer pour la nature l’habitant et le visiteur, dans l’espace public urbain ? »

Il me semble que cette question est essentielle pour penser ensemble la nouvelle ville.

C’est d’ailleurs l’une des ambitions du Concours Régional des Villes et Villages Fleuris d’Ile-de-France de contribuer au débat sur l’importance de l’espace public et surtout sur ce qu’on décide d’en faire. Que devons nous inventer pour faire vivre cet espace qui appartient à tous ?

Apposer le panneau « Villes Fleuries » à l’entrée d’une commune est un véritable label. Ce label est un gage de la qualité du patrimoine paysager, de l’embellissement du cadre de vie, mais pas seulement.

D’autres critères viennent en complément sur lesquels je me permets d’insister, parce que ce ne sont pas forcément les critère les plus visibles, mais sans doute ceux qui mobilisent le plus les directions des espaces verts et leurs élus.

Le label « Villes et Villages Fleuris » cherche à encourager les actions pédagogiques qui associent la population à une réflexion collective sur l’environnement.

Il valorise les initiatives pédagogiques dans les écoles, les actions de sensibilisation à l’environnement des habitants, ou encore les animations publiques dans les jardins.

Ce label retient également des choix stratégiques en faveurs de la protection de la biodiversité et du développement durable.

Ces actions sont évaluées à partir de la gestion raisonnée des déchets, du mode de gestion de l’eau pour l’arrosage, ou encore des sélections d’essences adaptées aux contraintes environnementales.

Le fleurissement en plaine terre, sera privilégié, par exemple, parce qu’il est plus naturel et consomme moins d’eau. La limitation des produits chimiques est aussi à prendre en compte.

Vous le voyez, c’est un haut niveau d’exigence que de nombreuses communes en Ile-de-France visent avec beaucoup d’effort. 217 villes sont labellisées dans notre Région.

41 lauréats sont récompensés  cette année et, parmi eux, 15 villes sont nouvellement labellisées.

Permettez-moi de conclure avec ces mots de Gilles Clément dont tout le travail invite chacun/e de nous à vivre en bon jardinier/e : « Pour faire un jardin, écrit-il, il faut un morceau de terre et l’éternité.»

Henriette Zoughebi,

Présidente du Comité régional du tourisme

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