A la rentrée, tous les internats seront mixtes (Le Parisien, 28 mai 2011)
C’est une spécificité un peu surprenante des classes préparatoires aux grandes écoles parisiennes. Leurs internats ne sont pas tous ouverts aux filles! En effet, sur les huit internats parisiens, seuls trois accueillent indifféremment les deux sexes (Louis-le-Grand, Saint-Louis et Henri-IV). Aujourd’hui, quatre pensions sont exclusivement dédiées aux garçons (Chaptal, Dorian, Janson-de-Sailly, Jean-Baptiste-Say) et une est réservée aux filles (Maurice-Ravel).
A la suite d’une plainte déposée à la Halde en 2009, le conseil régional, qui finance les lycées, a décidé de tous les convertir à la mixité. Et, après avoir fait changer la situation en septembre dans le très prestigieux Henri-IV, Henriette Zoughebi, vice-présidente (Front de gauche) du conseil régional en charge des lycées, tape du poing sur la table. « A la rentrée prochaine, tous les établissements seront mixtes. Lorsqu’il y a des travaux à faire, nous allons accélérer les programmes pour que tout soit en route très vite », assure l’élue.
Et de préciser : « Je ne dis pas qu’il y aura 50% de filles tout de suite, mais on commence le mouvement et il y aura par la suite une montée en charge. »
La méthode retenue est celle qui a été appliquée l’année dernière à Henri-IV. En septembre, pour la première fois depuis deux cents ans, 21 des 135 lits étaient occupés par des filles. Quelques menus travaux sont à l’agenda pour permettre la création de 23 places féminines supplémentaires en 2013. L’intérêt de faire entrer les filles dans les internats? La réussite. « Il faut que les filles aient les mêmes conditions d’études que les garçons. Il s’agit d’égalité des chances mais aussi d’égalité des droits », précise Henriette Zoughebi.
Mais la question se pose aussi dans l’autre sens. Jusqu’ici, les établissements avançaient un argument choc pour justifier cette différence de traitement : l’existence de foyers en dehors des établissements, spécialement réservés aux filles. Cette autre forme de discrimination va aussi être revue. « L’Etat a décidé d’ouvrir à la mixité l’internat d’excellence Jean-Zay (NDLR : ex-foyer des lycéennes, rue du Docteur-Blanche). Il y aura une vingtaine de places pour les garçons dès la rentrée prochaine », souligne Philippe Fatras, inspecteur académique du second degré.
Au-delà de la mixité se pose le problème du logement étudiant. Difficile pour les jeunes Parisiens de trouver un logement à bas coût. Du coup, les demandes pour intégrer un internat sont massives. Ainsi, disposant d’une centaine de lits, le lycée Chaptal a reçu la bagatelle de 6000 candidatures…
Source : Le Parisien















