Enfin en Ile-de-France un lycée porte le nom de Charlotte Delbo!

TOTEM2 Totem uniqueJ’ai été très heureuse d’inaugurer aujourd’hui la nouvelle dénomination du beau lycée neuf de Dammartin-en-Goële ouvert à la rentrée 2013. Le nom de Charlotte Delbo a été proposé par le Conseil d’administration du lycée au printemps dernier et validé par un vote de la Région en juillet.

Cette inauguration est un moment important parce nommer un lycée c’est transmettre des valeurs.

J’ai dit aux lycéen-ne-s, aux enseignant-e-s et à l’ensemble de la communauté éducative réunie pour cette inauguration ma grande joie que ce lycée porte le nom de Charlotte Delbo.

CB 2Parce qu’un nom de femme porté par un lycée donne de la visibilité aux femmes dans l’espace public et participe donc à l’égalité entre les femmes et les hommes. D’autant que 72,5% des 469 lycées franciliens portent un nom d’homme et que, comme Vice-Présidente, j’ai souhaité encourager les communautés scolaires à donner le nom d’une femme à leur établissement. Sur les 9 dénominations votées depuis 2010, 6 l’ont été en faveur d’une femme.

Et puis surtout parce que Charlotte Delbo fut une résistante, communiste, déportée avec 229 autres femmes à Auschwitz-Birkenau par le convoi du 24 janvier 1943 ou convoi des 31 000, premier convoi de femmes résistances parti de France. Témoin de la Shoah, grande voix de la littérature, elle porte les valeurs d’engagement, d’humanité, de résistance et d’égalité qui sont aujourd’hui d’une actualité brulante.

Les jeunes grandissent dans un pays, dans un monde où l’antisémitisme, le racisme, le rejet et la haine de l’autre existent encore s’expriment et tuent. Dans un monde où des femmes, des hommes, des enfants fuient toujours les guerres et les persécutions.

CB 1Le rôle des Etats, des institutions, est essentiel mais chacune et chacun a aussi une responsabilité individuelle. Par son silence ou sa complicité mais aussi par son engagement, sa résistance, son action, chacune et chacun d’entre nous pèse, agit et dessine le visage du monde dans lequel nous voulons vivre. Un monde de guerre ou de paix, d’inégalité ou de justice, d’oppression ou de liberté.

J’ai dit la nécessité de faire vivre la vigilance citoyenne dont les jeunes sont les premiers acteurs et les premières actrices et j’ai voulu leur offrir quelques vers d’un poème de Charlotte Delbo intitulé « prières aux vivants pour leur pardonner d’être vivants ». Pour moi, ils disent bien à la fois la responsabilité qui est la nôtre collectivement et individuellement :

« Je vous en supplie
Faites quelque chose
Apprenez un pas
Une danse
Quelque chose qui vous justifie
Qui vous donne le droit
D’être habillés de votre peau de votre poil
Apprenez à marcher et à rire
Parce que ce serait trop bête
A la fin
Que tant soient morts
Et que vous viviez
Sans rien faire de votre vie. »

Restauration scolaire : l’égalité et la réussite au menu!

JB22Je me suis rendue ce matin au lycée Jacques Brel à La Courneuve pour rencontrer les équipes, les élèves et les personnels et visiter le chantier de rénovation de la demi-pension qui a été lancé cet été et qui représente un investissement public de 3,6 millions d’euros.

 

Ce lycée comme tous les lycées de Seine-Saint-Denis et du Val-d’Oise applique depuis la rentrée 2014 la tarification unique au quotient familial, c’est-à-dire le même tarif dans tous les lycées d’Ile-de-France avec la prise en compte des revenus des familles dans le prix payé pour le repas avec 10 tranches de 1,5 euro à 4 euros. Cette tarification sociale est l’élément central de la réforme du service public de la restauration scolaire que j’ai portée auprès de la majorité régionale avec le soutien du groupe Front de gauche et qui a été votée en mars 2014.JB14

Au lycée Jacques Brel, grâce à cette tarification sociale, près de 90% des demi-pensionnaires payent le repas moins cher qu’avant sa mise en œuvre.

La nouvelle demi-pension sera ouverte à la rentrée 2016 et permettra de travailler à un autre axe important de cette réforme : l’amélioration de la qualité des repas, de la convivialité, l’éducation à la santé, au goût et à lutte contre le Gaspillage.

La mise en œuvre de la tarification au quotient familial se fait progressivement au rythme de 2 départements par an.

A cette rentrée 2015, c’est au tour des lycées du Val de Marne et de la Seine et Marne d’appliquer cette réforme.

LW3Je me suis donc rendue, après La Courneuve, aux lycées Langevin-Wallon et Louise Michel de Champigny-sur-Marne pour déjeuner avec les personnels et les jeunes au restaurant scolaire. Là aussi plus de 90% des familles sont bénéficiaires avec la nouvelle tarification.

Aujourd’hui, de plus en plus de mairies dirigées par la droite augmentent les tarifs des cantines. La Région Ile de France, a fait un autre choix. Nous avons affirmé le droit pour tous les jeunes de manger au restaurant scolaire quelle que soit leur situation ou celle de leur famille. C’est en enjeu d’égalité et de justice sociale. C’est un choix politique qui se traduit par un investissement public important : plus de 18 millions d’euros cette année pour les lycées des 4 départements concernés ; 36 Millions d’euros par an quand les 8 départements appliqueront la réforme.

La demi-pension qui se trouve au lycée Langevin Wallon est commune aux deux lycées. Elle a été entièrement rénovée en 2013 pour 8,8 millions d’euros et accueille chaque jour plus de 1200 élèves.

J’ai été très heureuse de voir combien les deux proviseures et leurs équipes utilisent ce beau bâtiment et ces équipements modernes pour en faire, avec professionnalisme et dynamisme, l’outil d’une restauration scolaire de grande qualité.

Ce moment joyeux de partage avec le chef LW8de cuisine – que j’ai remercié chaleureusement pour son travail –, les agents, les jeunes des Conseils de la Vie lycéenne, les directions de ces deux lycées a confortée ma conviction que le temps et le lieu du déjeuner, la restauration scolaire sont bien un sujet majeur. Le temps de midi doit être un moment de pause, de coupure, de détente qui joue un rôle important pour les conditions d’études, de réussite des lycéen-ne-s. Il faut lui donner toute sa place dans la vie du lycée.

Je l’ai entendu de la part des jeunes dans la consultation que j’ai menée auprès des lycéen-ne-s au printemps 2015. Elles et ils m’ont dit aussi leur désir d’améliorer la qualité de la restauration scolaire concernant l’accueil et la convivialité, le respect du temps consacré à la pause méridienne, la diversité et la qualité des repas, la communication et les relations avec les lycéen-ne-s.

C’est tout l’objet de la réforme du service public de la restauration scolaire.

Je sais que nous ne pourrons durablement améliorer la demi-pension qu’avec un engagement collectif des équipes de direction, des agents, des enseignant-e-s, des jeunes eux-mêmes.

Aux lycées Langevin Wallon et Louise Michel, cet engagement existe !

Dans ces trois lycées, comme à chacune de mes rencontres avec les lycéen-ne-s  partout en Ile-de-France, j’ai été frappée par leur ambition et je veux saluer l’investissement des équipes éducatives à leur côté, pour développer des projets, accompagner leur réussite.

Je leur ai dit mon engagement pour être à la hauteur de leur ambition et mon bonheur de voir que dans ces lycées de nos villes populaires, les résultats sont au rendez-vous !

Les chantiers des lycées franciliens : la vérité !

Lycée Flora Tristan - Noisy-le-Grand (93). Lundi 24 août 2015.
Lycée Flora Tristan – Noisy-le-Grand (93). Lundi 24 août 2015

Dans cette semaine de prérentrée et alors que Valérie Pécresse lançait, avec outrance et démagogie, une campagne mensongère pour faire croire que rien n’est fait et que tout va mal pour les lycées franciliens, j’ai effectué trois visites d’importants chantiers en cours.

A chacune de ces visites, accompagnée des services de la Région, j’ai rencontré et j’ai échangé longuement avec les chefs d’établissement, les architectes, les mandataires, les entreprises du bâtiment, les ouvriers et artisans.

Chacun de ces chantiers a sa particularité, ses contraintes, son ambition aussi. En effet, depuis 2010, je fais en sorte que chaque opération sur les lycées franciliens soit un vrai geste architectural qui naturellement vise d’abord une amélioration des conditions d’accueil et d’enseignement mais qui donne aussi aux bâtiments que nous rénovons une dignité, un caractère, une visibilité dans son environnement. Tout cela participe grandement, en même temps que les politiques éducatives, à l’égalité et à la réussite de tou-te-s les lycéen-ne-s francilien-ne-s !

Je veux saluer le grand professionnalisme des architectes, des entreprises qui mènent ces chantiers. J’ai, à chacune de ces visites, été frappée par la bonne tenue des chantiers et par l’engagement des équipes qui y travaillent, suivies par les services de la Région.

Lycée Lavoisier - Porcheville (78). Mercredi 26 août 2015
Lycée Lavoisier – Porcheville (78). Mercredi 26 août 2015

Je veux aussi rappeler quelques vérités, que Valérie Pécresse aurait tout intérêt à entendre pour mieux comprendre la réalité des lycées franciliens.

La région Ile de France est responsable de 469 lycées, dans lesquels plus de 385 000 jeunes francilien-ne-s vont faire leur rentrée mardi prochain.

En termes de rénovations, d’agrandissements, de restructurations, 112 opérations lourdes sont actuellement en cours, à des stades divers : études de maitrise d’œuvre, sélection d’entreprises, chantiers…

8 opérations sur 10 se déroulent sans incidents, c’est-à-dire qu’elles suivent le calendrier prévisionnel ou connaissent à ce stade un retard estimé de livraison inférieur à 6 mois qui peut donc être rattrapé sur la durée du chantier.

Valérie Pécresse ignore sans doute qu’un chantier de lycée de l’ampleur de ceux que nous menons est toujours une opération lourde et complexe qui s’organise selon plusieurs phases, qui repose sur l’intervention coordonnée de plusieurs corps de métiers et qui connait des contraintes particulières, ne serait-ce que parce que les travaux ont lieu en site occupé, les lycées continuant naturellement à accueillir les jeunes francilien-ne-s.

Lycée Chennevrières-Malézieux - Paris 12ème. Jeudi 27 août 2015.
Lycée Chennevrières-Malézieux – Paris 12ème. Jeudi 27 août 2015.

C’est le cas par exemple du chantier du lycée Chennevrières-Malézieux dans le 12ème arrondissement de Paris qui s’étend sur 3 ans, dans un milieu urbain dense, en centre-ville, et qui relève pour l’architecte et les entreprises de BTP d’une véritable gageure technique.

Valérie Pécresse, pour qui tout va mal et rien n’est fait, oublie aussi que, par ces opérations et l’investissement public qu’elles représentent, la région joue un rôle moteur pour le soutien à l’emploi.

Sur un an en moyenne, les travaux dans les lycées mobilisent 200 entreprises et induisent plus de 7500 emplois.

Ce soutien est particulièrement volontariste à l’égard des PME qui sont le tissu de l’économie réelle francilienne. En faisant le choix dès que cela est possible de découper les opérations par lots et corps de métier, plutôt que de recourir à une entreprise générale, la région incite et favorise les PME franciliennes à candidater aux appels d’offres. Alors oui, les PME sont parfois plus fragiles et parfois, nous devons faire face à la cessation d’activité de l’une d’entre elles, ce qui peut retarder le chantier. Mais j’assume pleinement le choix politique de soutien à l’emploi francilien et aux PME.

Par exemple, le chantier du lycée Flora Tristan à Noisy-le-Grand (93) est assuré par 7 PME franciliennes ; celui de la création de l’internat du lycée Lavoisier de Porcheville (78) mené par une PME francilienne induit une centaine d’emplois par an dont la moitié de main d’œuvre sur le chantier.

Par ailleurs, chaque année des travaux réguliers de maintenance, d’aménagement sont effectués. Par exemple 120 chantiers d’été (période propice aux travaux puisque les élèves et les enseignants sont en vacances) ont été menés dans des lycées pour refaire des peintures, rénover des salles de cours, des sanitaires, moderniser des halls d’entrée, remplacer des portes, des fenêtres, des systèmes de sécurité, des installations de chauffage, de plomberie…

Mais pour Valérie Pécresse en campagne, la réalité ne compte pas : Tout va mal et rien n’est fait.

On ne peut – parait-il – que se répéter ou se contredire. De mon côté, j’ai choisi depuis longtemps la cohérence et la responsabilité. Face à la légère schizophrénie de Valérie Pécresse qui, comme ministre du budget et porte-parole du gouvernement de Nicolas Sarkozy de 2011 à 2012 prônait la rigueur et l’austérité, je répète donc que depuis 2010, je travaille au plus près de la réalité, chantier par chantier, action par action, budget après budget, à ce que la réussite des jeunes Francilien-ne-s soit la priorité de la Région.

A titre d’illustration et pour en finir avec la bataille de chiffres, depuis que je suis Vice-présidente en charge des lycées et des politiques éducatives, le budget régional d’investissement en faveur des lycées a augmenté de 20% et celui des politiques éducatives et de soutien à la vie lycéenne a augmenté de 25%.

 

Restitution finale de la consultation lycéenne

Le 26 mai 2015 s’est tenue la restitution finale de la consultation lycéenne pour la réforme du service public de la restauration scolaire des lycées d’Ile-de-France. 

Voici mon intervention:

Le dialogue, la concertation, la proximité sont nécessaires. Merci encore pour ces échanges qui servent à enrichir la réflexion que nous menons. Vous avez bien dit combien le moment, le lieu, la qualité de la restauration scolaire sont des éléments particulièrement importants de votre vie de lycéen-ne-s et de lycéens et en même temps votre sentiment qu’il y a là une zone grise, un sujet qui n’intéresse pas assez l’institution. Continuer la lecture de Restitution finale de la consultation lycéenne 

L’égalité, la culture et l’éducation contre les racismes et l’antisémitisme

Communiqué de presse suite à la visite du premier ministre Manuel Valls et de la ministre de l’éducation nationale Najat Valaud-Belkacem au lycée Léon Blum de Créteil le vendredi 17 avril:

« (…) c’est une autre guerre dont il sera question, tu le comprends : une guerre contre l’injustice, contre l’abandon de certains jeunes, contre l’oubli tactique dans lequel on tient une partie de la population (en France, mais aussi dans le monde), en ne partageant pas avec elle les bienfaits de la culture et les chances de la réussite sociale. »
Lettre à ma fille, au lendemain du 11 janvier 2015, par JMG Le Clézio
—–
Je représentais ce matin la région Ile de France au lycée Léon Blum de Créteil pour participer à la rencontre organisée avec les équipes éducatives et les lycéen-ne-s à l’occasion de la présentation par le gouvernement du plan de lutte contre le racisme et l’antisémitisme.

J’étais très heureuse de me rendre dans ce lycée où a été tourné le beau film « Les héritiers », soutenu par la Région et inspiré par le remarquable travail mené avec ses élèves par Anne Anglès, professeur d’histoire.
Ce lycée de banlieue montre bien les conditions de la réussite : une mixité sociale permise par une grande diversité des voies et des filières, y compris des classes préparatoires aux grandes écoles, le développement de nombreux projets éducatifs, une offre importante de clubs, d’options (notamment cinéma) et un engagement bienveillant et ambitieux des équipes et des enseignant-e-s.

Tout cela favorise une ouverture culturelle, au monde, aux autres, qui est un outil d’émancipation et un enjeu de démocratisation et d’égalité. La rencontre et le travail avec les artistes, la fréquentation des œuvres et des lieux culturels donnent un sens aux savoirs et apportent aux jeunes particulièrement des milieux populaires un appétit pour la connaissance, la reconnaissance de leur sensibilité et la confiance en eux-mêmes.
Elle participe à la nécessaire construction avec les jeunes d’une véritable culture commune quelle que soit leur voie de formation, générale, technologique ou professionnelle, avec une haute exigence pour les contenus notamment en histoire, en philosophie…
Un véritable travail d’histoire, un rapport personnel à la culture, aux cultures, aux œuvres et aux artistes, à tout ce qui peut susciter, stimuler, ouvrir les horizons sont les outils pour faire naitre la réflexion, le partage d’une mémoire et – surtout – une prise de conscience, un engagement, une vigilance.
Il me parait absolument indispensable, à ce titre, qu’il y ait un enseignement de philosophie en lycée professionnel.

Il s’agit d’un enjeu majeur pour la République : les injustices, les inégalités, la relégation sont vécues de manière très aiguë par les jeunes qui voient bien combien les chances ne sont pas égales entre les enfants de milieux aisés et ceux de milieux populaires.
Agir pour l’égalité c’est aussi agir contre le rejet de l’autre, les racismes et l’antisémitisme.

La région Ile de France prend sa place dans cette mobilisation : les politiques éducatives menées par la région s’attachent à proposer aux jeunes et à leurs enseignants des outils pour créer ce commun (voyage d’étude et de mémoire à Auschwitz et Birkenau pour 600 lycéen-ne-s et apprenti-e-s francilien-ne-s chaque année en partenariat avec le mémorial de la Shoah, travail d’histoire et de mémoire sur l’esclavage et les traites, soutien aux projets culturels et citoyens…)

Quand sont lourdes les menaces et les tentations de l’exclusion, du communautarisme, de l’entre-soi et de la haine de l’autre, il est plus que jamais nécessaire et urgent de mener le combat pour l’égalité, la culture et l’éducation.

J’ai rappelé ce matin au lycée Blum combien je ressens cette urgence et cette gravité ainsi que ma conviction que la confiance faite aux jeunes, l’écoute et la prise de compte de leur parole, ainsi qu’un véritable engagement éducatif et citoyen sont des leviers importants de transformation de la société.

 

Comment transformer une remise de la légion d’honneur en cérémonie pour les sans-papiers

Article paru dans « Le Monde » du 14 avril 2015:

Pour transformer une remise de Légion d’honneur en cérémonie pour les sans-papiers, il faut d’abord choisir cinq lycéens à qui le préfet a fait remettre une OQTF – obligation de quitter le territoire français. Il faut y ajouter autant de lycéens brillamment diplômés, qui quelques années auparavant étaient eux-mêmes sans titre de séjour et menacés d’expulsion. Pour que la recette soit réussie, il faut encore placer le récipiendaire de la décoration entre ces deux groupes, et lancer les discours !

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Cérémonie de remise de la Légion d’Honneur

Le 14 avril 2015, j’ai reçu les insignes de chevalière de la Légion d’Honneur. A cette occasion, j’ai souhaité dédier cette distinction aux lycéennes et lycéens sans papiers;  Voici un extrait de mon intervention:

« … Si vous me demandez ce qui m’a le plus marqué dans cette mandature, je vous répondrai sans hésiter la parole des jeunes, ce qu’ils m’ont appris. La relation avec eux ont conforté une intuition que j’avais : les jeunes d’un bout à l’autre de l’Ile-de-France ont de l’ambition, toutes les lycéennes et lycéens veulent et peuvent réussir, ils sont les premiers acteurs du changement.

De ces rencontres débutées en 2010 et qui se continuent aujourd’hui, je retiens aussi leur disponibilité, leurs visages qui s’éclairent d’un sourire dès lors qu’ils se rendent compte qu’on les écoute pour de vrai, qu’on les respecte.

A ceux qui ont une image stéréotypée de nos jeunes, notamment de banlieue, je dis « ne vous arrêtez pas à la capuche ». Moi je trouve ces lycéens et ces lycéennes énergiques et le plus souvent très dignes, belles aussi.

Vous le voyez, j’applique à la grammaire cette règle de proximité qui refuse que le masculin l’emporte sur le féminin pour combattre cette idée dans la vie et cela sonne bien !

Je crois de tout mon cœur et de toute ma raison qu’il faut changer le monde ; chacun-chacune peut y contribuer. Je m’y emploie.

Des jeunes que j’ai rencontré, il en est dont le courage formidable m’a profondément ému. Ce sont les lycéens lycéennes sans papiers, chassés de leur pays par la misère ou la guerre ; ils veulent faire leurs études ici, et construire leur vie ici.

Dès le début de cette mandature, j’ai souhaité avec les groupes de la majorité régionale – dont je salue ici les présidentes et présidents – les accompagner jusqu’à leur régularisation.

Je veux aujourd’hui dire toute mon admiration pour les militants-militantes de RESF engagé à leurs côtés.

Vous le savez maintenant, je suis d’une famille juive, originaire d’Europe centrale ; mes parents sont arrivés pendant la guerre, en France, sans papiers. Je veux m’en souvenir à cet instant où je dédie solennellement cette décoration dont la République m’honore aux lycéens-lycéennes sans papiers, car le droit à l’éducation est universel.

Je demande au président de la république de donner un titre de séjour à tous ces jeunes inscrits dans leurs lycées ; la loi doit changer !

Je choisis d’accompagner ces jeunes jusqu’au bout de cette bataille et je les remercie d’avoir accepté d’être là ce soir et de me rejoindre maintenant. En même temps que je leur dédie cette décoration, je veux leur offrir ces quelques mots de Prévert qui m’accompagnent depuis longtemps :

« Étranges étrangers

Vous êtes de la ville

Vous êtes de sa vie

Même si mal en vivez »

Discours de Jean-Paul HUCHON

Discours de Jean-Paul HUCHON lors de la remise de la légion d’honneur le 14 avril 2015

C’est l’histoire d’une affiche. La photo est prise dans la galerie des glaces, à Versailles. On y voit des jeunes branchés, bien habillés, se déhancher dans la pénombre, sur des rythmes endiablés. Le seul hic, c’est qu’ils n’ont plus de tête. C’est qu’ils sont décapités. « At Versailles, dit l’affiche, you’re treated like royalty ». Vous êtes traités comme des rois. Un alléchant programme. La Révolution dans le sourire. Comment mieux dire la quintessence d’Henriette ? La culture – vaste et ouverte. L’élégance – toujours soignée, à l’image de sa rigueur. L’esprit d’audace et le sens du décalage – de la folie, même.

Et bien entendu, la conviction révolutionnaire – que porte avec fierté, et comme un étendard, tout élu communiste qui se respecte.

Ce n’est donc pas un hasard si cette affiche a été créée par le Comité régional par le Comité régional du tourisme à l’époque où Henriette en était la présidente, pour faire connaitre l’Ile-de-France aux Londoniens.

La Présidence du CRT est l’une des grandes responsabilités que tu as exercées à la Région, depuis que nous avons été élus, toi et moi.

Sur les 43 ans de service pour lesquels tu es distinguée aujourd’hui, toi qui reçois la décoration la plus Républicaine qui soit, tu en as donné 17 à l’Ile-de-France. Et pendant ces dix-sept ans, tu as contribué de façon majeure à transformer la Région Capitale.

A la tête de la Commission culture, en premier lieu, tu as contribué à construire une politique culturelle ambitieuse, qui n’existait pas sous la majorité précédente. Tu l’as voulue réellement créative, et réellement ouverte à tous – car l’un et l’autre, tu l’as toujours dit haut et fort, ne sont certainement pas contradictoires.

Nous connaissons tous ton engagement au service de la littérature – Marie Desplechin en parlera bien mieux que moi – et en faveur de l’éducation artistique et culturelle.

Tu ne l’oublieras d’ailleurs pas lorsque tu deviendras, en 2010, Vice-présidente en charge des lycées : tu lui accorderas une place importante dans l’action que nous menons aujourd’hui, grâce à toi, auprès des jeunes. Tu as fait de la culture, en Ile-de-France, un moteur d’émancipation.

A la tête du Comité Régional du Tourisme, entre 2004 et 2010, tu as suivi la même ambition.

Lorsque tu es arrivé, le CRT s’occupait surtout des jardins et des châteaux, des franges de l’Ile-de-France – touristiquement parlant du moins. Dans la promotion touristique, les territoires urbains avaient autant de place que les territoires ruraux. Le fil qui les reliait était l’histoire, notre histoire, celle qui fait tout le sel de l’Ile-de-France, celle qui nous rend si fiers d’être Franciliens. Lorsqu’elle est partagée, la culture est un facteur d’unité.

Lorsque tu es partie, ceux qui créaient et ceux qui exposaient avaient pris l’habitude de travailler avec ceux qui hébergeaient et ceux qui nourrissaient. Les artistes rencontraient les hôteliers et les hôteliers rencontraient les artistes. Lorsqu’elle est partagée, la culture est pour toi aussi un moteur de croissance.

Et lorsque tu es partie, le budget du tourisme était évidemment trois fois plus élevé qu’à ton arrivée… La culture est un moteur de croissance, certes, mais par l’investissement public.

C’est déjà beaucoup, mais c’est très incomplet. Car il manque sans doute dans ce portrait le plus principiel et le plus essentiel : ton combat pour l’égalité.

Tu l’as évidemment mené comme Vice-présidente chargée des lycées.

C’est à mon sens la responsabilité la plus haute à la Région. En plus d’être la compétence historique de la Région, c’est surtout l’avenir de nos enfants. Et c’est à mes yeux l’une des plus complexes aussi, car ce sont 472 lycées, 10 000 agents, et des relations avec l’Education Nationale qu’il faut savoir nouer et nourrir avec habilité. C’était mon choix de te le confier. A toi, une élue communiste ! Et je ne l’ai jamais regretté.

L’égalité ? Tu l’as posée comme fer de lance de ton action dans les premiers mois de la mandature en proposant un rapport pour la réussite de tous. Tu l’as portée ensuite tout au long des politiques que tu as construites, à commencer par la plus emblématique : la tarification sociale au quotient familial dans les cantines des lycées. Car un lycée qui ne mange pas à sa faim est un lycée qu’on prive non seulement de présent, mais aussi d’avenir.

L’égalité, c’est aussi l’égalité entre les femmes et les hommes.

L’un de tes grands combats, que tu mènes depuis des années.

Tu l’as fait grandir dans les lycées d’Ile-de-France, et tu as très largement contribué à la mise en œuvre de notre politique de lutte contre les violences faites aux femmes.

Henriette, deux traits de caractère te distinguent de beaucoup de femmes et d’hommes.

Le premier, c’est ta volonté de faire. Ce qui t’intéresse, c’est de changer concrètement et réellement les choses. Et c’est bien.

C’est quelque chose qui nous rapproche. Tu défends, comme moi, des valeurs, des principes. Mais tu défends, comme moi, surtout, des gens. Des gens qui méritent qu’on s’y attache et qu’on leur rende leur dignité.

Le second trait qui te distingue, c’est ta constance dans ta volonté de faire. Une constance qui frise parfois l’obstination.

Pour ceux qui l’ignorent encore – mais sont-ils vraiment parmi nous ce soir ? – Henriette ne lâche rien. Il est donc bien plus facile, lorsque l’on négocie avec elle, d’être du bon côté de la table – le sien, cela va sans dire – que du mauvais côté. Cela ne l’empêchera jamais d’être une élue responsable, qui sait accepter les arbitrages une fois qu’ils sont rendus. Et je dois dire que je suis bluffé à la fois par cette volonté, et par cette loyauté.

Si notre majorité a si bien fonctionné ces dernières années, c’est en partie grâce à toi. Avec les élus du Front de Gauche, nous avons toujours trouvé des points d’accord. Tu es un artisan précieux de l’union de la gauche. Avec tes camarades, bien sûr, avec Gabriel et tous les autres. Et tu sais combien j’en suis fier et heureux.

Pour l’enfant de directeur d’école d’Ivry, mon père catholique et un peu gaulliste, qui trouvait formidable de travailler avec un maire communiste, inutile de dire que c’est un marqueur.

Si je devais choisir un mot – un seul – pour décrire ce qui nous lie, « estime » serait trop faible. « Respect » serait trop insuffisant. « Amitié » s’en rapproche davantage, « amitié fraternelle » me parait beaucoup plus juste. « Affection », encore plus.

Tu es quelqu’un qui aime profondément la vie. Cela te contraint parfois à la retenue. Car cet amour de la vie te place toujours à l’extrême – celle où l’on se laisse totalement gagner par ses émotions.

C’est cet amour de la vie qui te pousse très naturellement à aller au contact des gens, à les écouter.

C’est cet amour de la vie qui te fait aimer l’Ile-de-France dans ce qu’elle a de plus vivant, de plus divers et parfois aussi de plus fracturé.

« Où est passée la vie ? Demandait le regretté François Maspero, dans Les Passagers du Roissy-Express. Ou est passé la vie ? En banlieue. Le « tout autour » n’est pas un terrain vague, mais un terrain plein : plein de monde et de vie. Le vrai monde et la vraie vie. » Ton monde, notre monde, celui de l’Ile-de-France. Celui pour lequel tu t’es battue ; celui pour lequel tu es distinguée aujourd’hui.

Merci à toi, Henriette. Tu vois, je vais repartir au combat. J’aimerais que ce soit aussi avec toi, pas seulement comme un symbole, mais parce que c’est une vérité, notre vérité.