La solidarité et l’éducation contre la barbarie et le fanatisme

Les attentats de vendredi nous ont toutes et tous saisi d’effroi et de sidération.

Chacune et chacun mesure bien que cette violence aveugle, inconcevable, touche au cœur même de la vie, celles des victimes, de leurs proches mais aussi au cœur de notre vivre ensemble, à nous toutes et tous , dans la diversité de nos origines, de nos cultures, de nos convictions.

Nous sommes dans le temps du deuil et de la tristesse et je veux dire combien je partage la douleur des familles des victimes et la compassion très spontanée qui s’est exprimée ce weekend à Paris, dans notre Région, en France et dans de très nombreux pays du monde.

Dans les moments tragiques que nous vivons, je suis frappée tout autant par cette belle fraternité exprimée que par l’engagement et la mobilisation exemplaires des forces de l’ordre, des sauveteurs, des pompiers, des médecins et des équipes médicales et sociales. Le service public a montré une fois encore combien il est la grande richesse de notre pays, combien il est toujours en première ligne lorsqu’il s’agit d’aider, de protéger les Français-e-s.

Hier matin les jeunes ont retrouvé leurs lycées, leurs ami-e-s, leurs enseignant-e-s. Je sais que cette matinée a été consacrée à des échanges, en classe, pour donner tout son sens à la minute de silence.

Dès samedi j’ai tenu avec le président Huchon à adresser un courrier à l’ensemble des proviseur-e-s et des équipes éducatives des lycées franciliens pour saluer leur engagement républicain et éducatif et les assurer de notre soutien et de notre vigilance pour répondre à leurs besoins, notamment en terme de sécurité des établissements et des lycéen-ne-s.

Une fois encore les équipes éducatives du service public d’Education nationale étaient elles aussi en première ligne. Ce sont elles qui sont chaque jour aux côtés des jeunes pour les aider à donner du sens au monde, à grandir, à développer pleinement leur intelligence, à exercer leur liberté et leur citoyenneté. Elles ont comme seuls outils la culture, la connaissance, l’intelligence et la pédagogie, l’empathie pour les jeunes.

Je veux leur dire une fois encore toute mon admiration pour leur rôle majeur et les missions capitales qu’elles ont à exercer pour que chaque jour les valeurs fondamentales de la République ne soient pas que de simples mots sur des frontons. Leur dire aussi, comme responsable politique, comme citoyenne, mes remerciements sincères et chaleureux et mon soutien.

Une fois encore, après les attentats de janvier, les professeur-e-s, les personnels de l’Education sont investi-e-s d’un rôle majeur, aujourd’hui pour accompagner les jeunes dans l’expression de l’émotion et de la compassion mais surtout commencer avec elles et eux un long dialogue qui les aidera à comprendre les enjeux et les conséquences de la situation que nous vivons, à penser la complexité du monde et de l’humanité et à lui donner du sens pour avoir prise sur le cours des choses et relever les défis des temps nouveaux.

J’ai en effet la conviction que c’est aussi en faisant toute sa place à la parole, à l’écoute, à la confiance mais aussi à l’engagement des jeunes que nous pourrons construire, avec la culture, l’éducation et un nouveaux rapports aux savoirs, les conditions pour lutter contre la barbarie et le fanatisme.

Les enseignant-e-s ne peuvent pas être seul-e-s face à cette tâche et à ces missions. Il s’agit d’une responsabilité collective, d’une responsabilité de toute la Société.

Elles exigent d’immenses qualités et des connaissances aussi qui aident à structurer une réflexion éducative et démocratique. C’est pourquoi l’Education nationale doit faire une priorité de la question de l’accompagnement et de la formation des enseignant-e-s et des personnels. Mettre des ressources à disposition bien sûr mais surtout développer nettement la qualité, la nature, le contenu de leur formation, initiale et continue, pour leur donner les outils, les clefs, les pistes et le temps de réflexion qui leur permettront de remplir pleinement leurs missions au service de l’éducation et des jeunes.

La lutte pour l’égalité et la justice, la culture et l’éducation participent pleinement de la cohésion et de la sécurité de la nation. Le service public en est l’outil. Il est l’incarnation, au plus près des Français-e-s, de la République. Il est essentiel, dans les temps troublés que nous vivons, que cette richesse et cette force soient plus que jamais soutenues et renforcées.

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