Addi(c)tion de mépris et de démagogie : les Lycéen-ne-s méritent mieux que des caricatures !

En prétendant lutter contre le décrochage scolaire, Valérie Pécresse affirme aujourd’hui dans la presse  que si elle était élue présidente de la Région Ile-France, les lycéen-ne-s seraient soumis-es à des tests obligatoires de dépistage de consommation de cannabis.

Cette annonce tonitruante qui marque une nouvelle poussée sécuritaire dans une campagne toujours plus à droite de la candidate de droite interpelle à plus d’un titre.

Elle est d’abord une instrumentalisation regrettable du décrochage scolaire ; d’autant plus regrettable que la Région devra assumer dans la prochaine mandature le plein exercice de nouvelles compétences dans la lutte contre le décrochage.

Il aurait été plus responsable de la part de Valérie Pécresse de dire comment elle compte agir – si elle est élue – pour participer à remettre sur le chemin de la réussite scolaire les jeunes en situation de décrochage. C’est un sujet qui mérite mieux qu’une pirouette électoraliste : il concerne des jeunes en souffrance qui ne peuvent pas se projeter dans l’avenir, qui peinent à trouver leur place dans une société où l’obtention d’un diplôme est indispensable pour une insertion professionnelle et cela représente un incroyable gâchis parce que la jeunesse de l’Ile-de-France, la vitalité démographique de notre région est une chance pour son dynamisme et son développement.

Par ailleurs cette proposition de Valérie Pécresse exprime de sa part une bien triste vision de la jeunesse. Considérés a priori comme dangereux, délinquants, drogués, les jeunes sont traités comme des suspects et des irresponsables.

Loin de cette vision répressive et sécuritaire de la jeunesse et de l’éducation , j’ai fait le choix, pendant toute cette mandature comme Vice-présidente en charge des lycées et des politiques éducatives, de prendre le parti pris des jeunes. C’est-à-dire leur faire confiance et construire sur cette confiance un rapport démocratique avec les lycéen-ne-s d’Ile-de-France qui sont les premières actrices et les premiers acteurs à la fois de leur scolarité et – je le crois profondément – des transformations nécessaires du système éducatif et de la société pour plus de démocratie, plus d’égalité et plus de réussite. Chaque fois qu’on leur donne les moyens de peser vraiment, chaque fois qu’on leur permet d’exercer leur liberté, de s’exprimer, de construire un projet, en les traitant à part entière comme des citoyennes et des citoyens, les jeunes sont capables de réaliser avec leur énergie, leur engagement et leurs forces de conviction des choses magnifiques.

Enfin, la question des addictions chez les jeunes est un enjeu important à la fois d’éducation et de santé qui doit être traité avec beaucoup de sérieux et en cherchant avant toute chose les meilleurs moyens de les prévenir, de les détecter et de les soigner. La stigmatisation et la répression ne peuvent pas résoudre les causes profondes des consommations excessives.

Sans parler des limites juridiques, soulignons d’ailleurs le caractère presque ubuesque de la proposition de Valérie Pécresse quand elle affirme qu’un jeune qui refuserait de se soumettre au test de dépistage serait automatiquement considéré comme positif…

C’est pourquoi, en plus du nécessaire travail d’alerte et d’information, il faut dans les lycées la présence systématique de personnels socio-médicaux, aptes à accompagner individuellement les jeunes en addiction par une approche médicale, psychologique et éducative.

Or, aujourd’hui, quelles qu’en soient les raisons (postes vacants ou en nombre insuffisants, conditions de recrutement et de travail…) trop de lycées sont dépourvus de médecins scolaires et n’ont pas d’infirmier-e-s à temps plein. Cette faiblesse de la médecine scolaire fragilise l’application du droit à la santé qui est un principe fondamental rappelé dans la convention internationale des droits de l’enfant.

Sans surprise, Valérie Pécresse surfe donc sur la stigmatisation des jeunes et la surenchère répressive et sécuritaire.

De notre côté avec mes amis du Front de Gauche, nous continuerons à travailler avec les jeunes, avec les équipes éducatives, avec les acteurs et actrices de la santé et de l’éducation pour que, sur ce sujet comme sur bien d’autres, une action publique efficace et concertée soit mise en œuvre.

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