Actuéco : le catéchisme néolibéral sous logo ministériel ? [Tribune de François Labroille]

« L’institut de l’entreprise » officie depuis 40 ans comme lobby patronal particulièrement actif pour promouvoir le rôle de l’entreprise dans l’enseignement. Les professeurs de Sciences Economiques et Sociales en connaissent depuis longtemps les prétentions et les pressions pour, au prétexte de la valorisation des entreprises, normaliser leur enseignement. La dernière initiative en date de ce club très remuant vient d’être dévoilée lors des entretiens enseignants-entreprises : le premier numéro d’actueco, journal destiné aux lycéens, associant le logo du Ministère de l’Education Nationale à celui de l’IDE,y a été présenté avec l’objectif « d’éclairer les thématiques des programmes par des faits d’actualité et alimenter le débat en classe ».

En guise de débat contradictoire, la « UNE » donne le ton en s’ouvrant sur le titre « Les Français largement favorables à un assouplissement du marché du travail » et un article en page 3 explique « pourquoi il va bien falloir finir par toucher le SMIC ». Qu’un lobby patronal cible les lycéens de la sorte est déjà en soi problématique, mais que le logo du ministère de l’éducation nationale vienne cautionner une telle propagande néo libérale contrevient aux principes élémentaires de la laïcité. A la suite d’une interpellation de l’APSES, l’association des professeurs de Sciences Economiques et sociales », le ministère semble avoir démenti avoir donné son accord. Dont acte ! Mais le respect du pluralisme et des jeunes dans leur droit à une formation exigeante, ouverte au pluralisme des courants de pensée et au débat d’idées demanderait une attitude bien plus circonspecte de la part du MEN vis à vis de l’IDE. L’APSES vient de demander au MEN de mettre fin à ses divers partenariats avec l’IDE ( sous la forme notamment de formation continue des enseignants et de la nomination de trois hauts responsables de l’IDE en mars dernier au conseil National Education Economie). On ne peut qu’être sensible à cette demande. Les lycéens d’aujourd’hui sont les femmes et les hommes qui vont devoir relever des défis inédits que les crises économiques, écologiques, sociales posent à nos sociétés. Ne réduisons pas leur formation aux dogmes du néo libéralisme.

François Labroille
Professeur de SES
Conseiller régional alternative citoyenne du groupe du Front de Gauche (PCF, GU, AC)

Source : http://www.francois.labroille.fr/index.php/

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