Enfin en Ile-de-France un lycée porte le nom de Charlotte Delbo!

TOTEM2 Totem uniqueJ’ai été très heureuse d’inaugurer aujourd’hui la nouvelle dénomination du beau lycée neuf de Dammartin-en-Goële ouvert à la rentrée 2013. Le nom de Charlotte Delbo a été proposé par le Conseil d’administration du lycée au printemps dernier et validé par un vote de la Région en juillet.

Cette inauguration est un moment important parce nommer un lycée c’est transmettre des valeurs.

J’ai dit aux lycéen-ne-s, aux enseignant-e-s et à l’ensemble de la communauté éducative réunie pour cette inauguration ma grande joie que ce lycée porte le nom de Charlotte Delbo.

CB 2Parce qu’un nom de femme porté par un lycée donne de la visibilité aux femmes dans l’espace public et participe donc à l’égalité entre les femmes et les hommes. D’autant que 72,5% des 469 lycées franciliens portent un nom d’homme et que, comme Vice-Présidente, j’ai souhaité encourager les communautés scolaires à donner le nom d’une femme à leur établissement. Sur les 9 dénominations votées depuis 2010, 6 l’ont été en faveur d’une femme.

Et puis surtout parce que Charlotte Delbo fut une résistante, communiste, déportée avec 229 autres femmes à Auschwitz-Birkenau par le convoi du 24 janvier 1943 ou convoi des 31 000, premier convoi de femmes résistances parti de France. Témoin de la Shoah, grande voix de la littérature, elle porte les valeurs d’engagement, d’humanité, de résistance et d’égalité qui sont aujourd’hui d’une actualité brulante.

Les jeunes grandissent dans un pays, dans un monde où l’antisémitisme, le racisme, le rejet et la haine de l’autre existent encore s’expriment et tuent. Dans un monde où des femmes, des hommes, des enfants fuient toujours les guerres et les persécutions.

CB 1Le rôle des Etats, des institutions, est essentiel mais chacune et chacun a aussi une responsabilité individuelle. Par son silence ou sa complicité mais aussi par son engagement, sa résistance, son action, chacune et chacun d’entre nous pèse, agit et dessine le visage du monde dans lequel nous voulons vivre. Un monde de guerre ou de paix, d’inégalité ou de justice, d’oppression ou de liberté.

J’ai dit la nécessité de faire vivre la vigilance citoyenne dont les jeunes sont les premiers acteurs et les premières actrices et j’ai voulu leur offrir quelques vers d’un poème de Charlotte Delbo intitulé « prières aux vivants pour leur pardonner d’être vivants ». Pour moi, ils disent bien à la fois la responsabilité qui est la nôtre collectivement et individuellement :

« Je vous en supplie
Faites quelque chose
Apprenez un pas
Une danse
Quelque chose qui vous justifie
Qui vous donne le droit
D’être habillés de votre peau de votre poil
Apprenez à marcher et à rire
Parce que ce serait trop bête
A la fin
Que tant soient morts
Et que vous viviez
Sans rien faire de votre vie. »

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