Cérémonie de remise de la Légion d’Honneur

Le 14 avril 2015, j’ai reçu les insignes de chevalière de la Légion d’Honneur. A cette occasion, j’ai souhaité dédier cette distinction aux lycéennes et lycéens sans papiers;  Voici un extrait de mon intervention:

« … Si vous me demandez ce qui m’a le plus marqué dans cette mandature, je vous répondrai sans hésiter la parole des jeunes, ce qu’ils m’ont appris. La relation avec eux ont conforté une intuition que j’avais : les jeunes d’un bout à l’autre de l’Ile-de-France ont de l’ambition, toutes les lycéennes et lycéens veulent et peuvent réussir, ils sont les premiers acteurs du changement.

De ces rencontres débutées en 2010 et qui se continuent aujourd’hui, je retiens aussi leur disponibilité, leurs visages qui s’éclairent d’un sourire dès lors qu’ils se rendent compte qu’on les écoute pour de vrai, qu’on les respecte.

A ceux qui ont une image stéréotypée de nos jeunes, notamment de banlieue, je dis « ne vous arrêtez pas à la capuche ». Moi je trouve ces lycéens et ces lycéennes énergiques et le plus souvent très dignes, belles aussi.

Vous le voyez, j’applique à la grammaire cette règle de proximité qui refuse que le masculin l’emporte sur le féminin pour combattre cette idée dans la vie et cela sonne bien !

Je crois de tout mon cœur et de toute ma raison qu’il faut changer le monde ; chacun-chacune peut y contribuer. Je m’y emploie.

Des jeunes que j’ai rencontré, il en est dont le courage formidable m’a profondément ému. Ce sont les lycéens lycéennes sans papiers, chassés de leur pays par la misère ou la guerre ; ils veulent faire leurs études ici, et construire leur vie ici.

Dès le début de cette mandature, j’ai souhaité avec les groupes de la majorité régionale – dont je salue ici les présidentes et présidents – les accompagner jusqu’à leur régularisation.

Je veux aujourd’hui dire toute mon admiration pour les militants-militantes de RESF engagé à leurs côtés.

Vous le savez maintenant, je suis d’une famille juive, originaire d’Europe centrale ; mes parents sont arrivés pendant la guerre, en France, sans papiers. Je veux m’en souvenir à cet instant où je dédie solennellement cette décoration dont la République m’honore aux lycéens-lycéennes sans papiers, car le droit à l’éducation est universel.

Je demande au président de la république de donner un titre de séjour à tous ces jeunes inscrits dans leurs lycées ; la loi doit changer !

Je choisis d’accompagner ces jeunes jusqu’au bout de cette bataille et je les remercie d’avoir accepté d’être là ce soir et de me rejoindre maintenant. En même temps que je leur dédie cette décoration, je veux leur offrir ces quelques mots de Prévert qui m’accompagnent depuis longtemps :

« Étranges étrangers

Vous êtes de la ville

Vous êtes de sa vie

Même si mal en vivez »

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