Restitution finale de la consultation lycéenne

Le 26 mai 2015 s’est tenue la restitution finale de la consultation lycéenne pour la réforme du service public de la restauration scolaire des lycées d’Ile-de-France. 

Voici mon intervention:

Le dialogue, la concertation, la proximité sont nécessaires. Merci encore pour ces échanges qui servent à enrichir la réflexion que nous menons. Vous avez bien dit combien le moment, le lieu, la qualité de la restauration scolaire sont des éléments particulièrement importants de votre vie de lycéen-ne-s et de lycéens et en même temps votre sentiment qu’il y a là une zone grise, un sujet qui n’intéresse pas assez l’institution. Vous avez éclairé cette zone grise en mettant des mots sur une réalité que je sous estimais : il y a un travail important à faire sur la qualité des repas, l’accueil, la convivialité, le respect des jeunes aussi.

Nous avons fait le choix d’une restauration scolaire produite sur place pour plus de 90% des lycées, c’est-à-dire d’un service public direct et de proximité. Nous devons être à la hauteur de cette ambition.

Je mesure bien l’ampleur de la tâche et la responsabilité de la région, à vos côtés, avec vous : la formation des personnels, leur accompagnement, le développement de groupement d’achat, le dialogue au sein de la communauté scolaire pour diversifier les menus, proposer partout la variété des plats, réduire le temps d’attente des demi pensionnaires…

Parce que nous affirmons comme vous le faites le droit pour tous les jeunes de manger au restaurant scolaire quelle que soit leur situation ou celle de leur famille, nous avons mis en place la tarification unique au quotient familial, c’est-à-dire le même tarif dans tous les lycées d’Ile de France avec la prise en compte des revenus des familles dans le prix payé pour le repas avec 10 tranches de 1,5 euro à 4 euro. Cette tarification s’applique dans tous les lycées de la seine Saint Denis et du Val d’Oise depuis le mois de septembre et elle a conduit à une diminution du prix payé pour 75% des familles. Elle sera étendue aux lycées du Val de Marne et de la Seine et Marne à la rentrée prochaine. Cette réforme concernera à terme tous les lycées de l’Ile de France, elle représente pour la région une action importante avec quand les 8 départements appliqueront la réforme un investissement de 32 Millions d’euros par an. C’est une question d’égalité et vous l’avez dit.

Cette action sur le prix, sur la tarification est absolument nécessaire mais, et notre dialogue le rappelle bien, elle ne suffit pas. Elle doit s’accompagner, vous l’avez dit clairement, d’une amélioration de la qualité et de la diversité des repas et des menus, de l’accueil et de la convivialité, d’une réduction du temps d’attente et de queue…

La première chose donc que je retiens de nos échanges est la confirmation d’une intuition : la restauration scolaire est bien un sujet majeur pour vous lycéennes et lycéens. Le temps de midi doit être un moment de pause, de coupure, de détente qui joue un rôle important pour vos conditions d’études, de réussite.

C’est pourquoi, il doit être reconnu comme tel par l’ensemble des membres de la communauté éducative : aussi bien les personnels de cuisine que les proviseurs, les enseignant-e-s, les parents et bien sûr les services du conseil régional. C’est là, pour moi, la leçon essentielle de nos échanges. La restauration scolaire n’est pas l’affaire simplement du chef de cuisine et du gestionnaire, elle est un élément important de la vie des lycéennes et des lycéens et il faut lui donner toute sa place dans la vie du lycée. Je sais que nous ne pourrons durablement améliorer la demi-pension qu’avec un engagement collectif des équipes de direction, des agents, des enseignants, des jeunes eux-mêmes. Beaucoup ont dit qu’ils y étaient prêts. C’est une bonne nouvelle et c’est je crois la base la plus solide sur laquelle nous allons pouvoir construire notre action commune.

Alors que faire ?

Tout d’abord, nous devons créer les conditions de cette mise en lumière durable des enjeux de la restauration scolaire. Les commissions des menus existent dans des établissements et elles sont utiles mais il faut à la fois les généraliser et élargir leur champ d’action et de réflexion. C’est pourquoi je propose que dans chaque lycées d’Ile de France se mette en place une commission de restauration scolaire, régulièrement réunie pour permettre autour du chef d’établissement l’échange de toute la communauté scolaire aussi bien sur les menus, que l’amélioration de la convivialité (à ce sujet je propose que soit intégrés dans le dispositif « actions lycéennes » les appels à projet sur le décor, le cadre des demi pensions afin de permettre aux lycéennes de s’y investir), mais aussi une meilleure organisation du temps, la mutualisation des initiatives des lycéennes et lycéens ; je pense par exemple à l’idée que vous avez présenté des tables de partage pour lutter contre le gaspillage ou encore à l’affichage des menus, à une meilleure communication avec les usagers du restaurant scolaire…

Je crois qu’une façon de rendre efficace et visible le travail de ces commissions serait d’institutionnaliser un rapport annuel présenté et discuté au Conseil d’administration de l’établissement. Ces rapports feront l’objet d’une communication annuelle au Conseil régional.

Ce dialogue que nous avons commencé doit continuer …

Nous allons créer et développer une plateforme numérique régionale, accessible à toutes et tous d’information, d’échange et d’évaluation de la restauration scolaire. Un groupe de travail associant l’ensemble des acteurs de la restauration scolaire, y compris, donc des représentants des lycéennes et lycéens sera mis en place dès la rentrée pour travailler à l’élaboration de cet outil et à son contenu. Son objectif est bien de poursuivre ce travail de mise en lumière que nous avons commencé ensemble. Elle doit permettre de mutualiser, de partager les expériences, les initiatives, les informations et de permettre la possibilité d’évaluer et de réagir sur l’appréciation des repas.

D’autre part, une charte qualité de la restauration scolaire qui sera proposé aux établissements est en cours d’élaboration. Point important pour moi : le contenu de cette charte doit être travaillé avec les chefs de cuisine mais aussi les partenaires régionaux comme le GAB (Groupement des Agriculteurs biologiques) ou le CERVIA (Centre régional de valorisation et d’innovation agricole et alimentaire) et les usagers. Elle doit être un outil partagé parce que concerté. Elle doit permettre d’associer tous les acteurs de la restauration scolaire et de valoriser le travail des chefs de cuisine et de leur équipe.

Je présenterai cette charte au vote des élu-e-s régionaux au mois de septembre. Elle devra intégrer les critiques et les propositions que vous avez portées dans cette consultation. Les lycées s’engageront volontairement sur des critères précis de qualité de la restauration scolaire concernant aussi bien l’accueil et la convivialité, le respect du temps consacré à la pause méridienne, la diversité et la qualité des repas, la communication et les relations avec les usagers. La région s’engage de son côté à accompagner les lycées volontaires pour les aider à mettre en œuvre la charte. Elle permettra à la fois une évaluation de la restauration scolaire et une incitation forte à l’améliorer.

Enfin, ma collègue Corinne Bord vous a dit l’engagement de la région pour accompagner et former les personnels de la région qui assurent la restauration scolaire. Je veux en profiter pour remercier toutes les équipes qui ont participé à la consultation et leur dire combien ils et elles font un travail important, souvent difficile, au service du bien être, de la santé mais aussi de l’éducation des jeunes. Le parcours métiers formation des chefs et agents de cuisine que la région mettra en place permettra en valorisant les compétences de chefs de cuisine formateurs de transmettre des savoirs faire, des exigences de qualité et donc d’améliorer la qualité des repas.

Vous le voyez, l’amélioration de la restauration scolaire dans les lycées d’Ile de France est un chantier important que nous avons lancé ensemble et pour lequel nous nous engageons sur la durée. J’ai entendu votre exigence d’une vraie réforme, d’une action durable et je partage cette ambition.

Encore une fois, donc, je vous remercie de ce dialogue enrichissant, il l’est pour moi, et je veux dire aux lycéennes et lycéens qui sont là, comme je l’ai dit à celles et ceux nombreuses et nombreux que j’ai rencontré dans ces 5 dernières années que j’ai bien entendu leur exigence de démocratie et d’égalité : vous voulez prendre la parole, vous voulez qu’on vous écoute, vous voulez qu’on vous considère non pas seulement comme des élèves mais comme des citoyennes et des citoyens. Dans cette consultation et aujourd’hui encore vous avez montré que vous l’êtes, des citoyennes et des citoyens, à part entière puisqu’en vous engageant dans ce débat pour l’amélioration de la restauration scolaire dans les lycées franciliens, vous participez d’une action publique.

Merci beaucoup.

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