Archives mensuelles : janvier 2016

Pour un mémorial pédagogique de la déportation des femmes résistantes au Fort de Romainville

Romainville1J’ai participé aujourd’hui à la cérémonie d’hommage organisée au fort de Romainville par les Villes des Lilas et de Romainville et avec l’association « Mémoire Vive » en mémoire notamment des 230 femmes déportées à Auschwitz-Birkenau par le convoi du 24 janvier 1943, premier convoi de femmes résistantes parti de France, dont une majorité de communistes : Marie Claude Vaillant Couturier, Danielle Casanova, Charlotte Delbo, Madeleine Odru…

Le Fort de Romainville est un lieu de mémoire majeure de l’histoire des femmes résistantes. En effet il fut le seul camp d’internement nazi en France où plus d’un détenu sur deux fut une femme. Elles furent ensuite déportées, principalement vers Ravensbrück.

C’est pour leur rendre hommage et perpétuer leur mémoire ainsi que les valeurs et l’engagement de ces femmes résistantes communistes et progressistes qu’avec mes ami-e-s de la Fédération du Parti communiste de Seine-Saint-Denis et du groupe Front de Gauche au Conseil Régional d’Ile-de-France, nous avons déposé deux gerbes.
Etaient présent-e-s notamment Didier Mignot, conseiller régional du Groupe Front-de-Gauche, Laurent Jamet, responsable du PCF de Seine-Saint-Denis, Pascale Labbé, conseillère départementale déléguée chargée de l’égalité femmes-hommes, Claude Ermogéni, 1er adjoint au maire des Lilas, Michel Tavet, conseiller municipal de Neuilly-sur-Marne.

Romainville2Nous avons voulu dire cette année, avec peut-être un sentiment d’urgence plus fort que les années précédentes, l’absolue nécessité pour toutes les institutions républicaines mais aussi pour les partis politiques, de s’engager résolument dans le travail de mémoire et de transmission de l’histoire.

Notre responsabilité collective est grande dans le contexte politique malsain que nous vivons avec les attaques et les tentations réactionnaires et populistes qui fragilisent la République et la Gauche.

Romainville3En 2015, avec le groupe Front-de-Gauche au Conseil régional, nous avions fait inscrire par amendement dans le Contrat de Plan Etat/Région la création au Fort de Romainville d’un mémorial pédagogique sur la déportation des femmes résistantes. Cette initiative a été soutenue par Marie-Georges Buffet, députée de Seine-Saint-Denis et par Pierre Laurent, sénateur et secrétaire national du PCF.

Nous souhaitons que la nouvelle majorité du Conseil régional ne remette pas en cause cet engagement et que celui-ci continue à être porté par le Conseil départemental, les villes de Seine-Saint-Denis et naturellement par l’Etat.Romainville4

Un tel lieu qui n’existe ni en Ile-de-France, ni au niveau national permettrait, en lien avec notamment le Musée national de la Résistance, d’offrir aux jeunes et aux équipes pédagogiques et éducatives les possibilités d’un travail d’histoire et de mémoire ambitieux et nécessaire.

Les jeunes grandissent dans un pays, dans un monde où l’antisémitisme, le racisme, le rejet et la haine de l’autre existent encore, s’expriment et tuent. Dans un monde où des femmes, des hommes, des enfants fuient toujours les guerres et les persécutions.

Le rôle des Etats, des institutions, est essentiel mais chacune et chacun a aussi une responsabilité individuelle. Par son silence ou sa complicité mais aussi par son engagement, sa résistance, son action, chacune et chacun d’entre nous pèse, agit et dessine le visage du monde dans lequel nous voulons vivre. Un monde de guerre ou de paix, d’inégalité ou de justice, d’oppression ou de liberté.

Ce mémorial pédagogique sera un outil important pour faire vivre la vigilance citoyenne dont les jeunes sont les premiers acteurs et les premières actrices.

Nous continuons à porter haut et fort l’exigence de cette création avec toutes celles et ceux qui veulent faire vivre les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité.