Archives mensuelles : novembre 2015

La solidarité et l’éducation contre la barbarie et le fanatisme

Les attentats de vendredi nous ont toutes et tous saisi d’effroi et de sidération.

Chacune et chacun mesure bien que cette violence aveugle, inconcevable, touche au cœur même de la vie, celles des victimes, de leurs proches mais aussi au cœur de notre vivre ensemble, à nous toutes et tous , dans la diversité de nos origines, de nos cultures, de nos convictions.

Nous sommes dans le temps du deuil et de la tristesse et je veux dire combien je partage la douleur des familles des victimes et la compassion très spontanée qui s’est exprimée ce weekend à Paris, dans notre Région, en France et dans de très nombreux pays du monde.

Dans les moments tragiques que nous vivons, je suis frappée tout autant par cette belle fraternité exprimée que par l’engagement et la mobilisation exemplaires des forces de l’ordre, des sauveteurs, des pompiers, des médecins et des équipes médicales et sociales. Le service public a montré une fois encore combien il est la grande richesse de notre pays, combien il est toujours en première ligne lorsqu’il s’agit d’aider, de protéger les Français-e-s.

Hier matin les jeunes ont retrouvé leurs lycées, leurs ami-e-s, leurs enseignant-e-s. Je sais que cette matinée a été consacrée à des échanges, en classe, pour donner tout son sens à la minute de silence.

Dès samedi j’ai tenu avec le président Huchon à adresser un courrier à l’ensemble des proviseur-e-s et des équipes éducatives des lycées franciliens pour saluer leur engagement républicain et éducatif et les assurer de notre soutien et de notre vigilance pour répondre à leurs besoins, notamment en terme de sécurité des établissements et des lycéen-ne-s.

Une fois encore les équipes éducatives du service public d’Education nationale étaient elles aussi en première ligne. Ce sont elles qui sont chaque jour aux côtés des jeunes pour les aider à donner du sens au monde, à grandir, à développer pleinement leur intelligence, à exercer leur liberté et leur citoyenneté. Elles ont comme seuls outils la culture, la connaissance, l’intelligence et la pédagogie, l’empathie pour les jeunes.

Je veux leur dire une fois encore toute mon admiration pour leur rôle majeur et les missions capitales qu’elles ont à exercer pour que chaque jour les valeurs fondamentales de la République ne soient pas que de simples mots sur des frontons. Leur dire aussi, comme responsable politique, comme citoyenne, mes remerciements sincères et chaleureux et mon soutien.

Une fois encore, après les attentats de janvier, les professeur-e-s, les personnels de l’Education sont investi-e-s d’un rôle majeur, aujourd’hui pour accompagner les jeunes dans l’expression de l’émotion et de la compassion mais surtout commencer avec elles et eux un long dialogue qui les aidera à comprendre les enjeux et les conséquences de la situation que nous vivons, à penser la complexité du monde et de l’humanité et à lui donner du sens pour avoir prise sur le cours des choses et relever les défis des temps nouveaux.

J’ai en effet la conviction que c’est aussi en faisant toute sa place à la parole, à l’écoute, à la confiance mais aussi à l’engagement des jeunes que nous pourrons construire, avec la culture, l’éducation et un nouveaux rapports aux savoirs, les conditions pour lutter contre la barbarie et le fanatisme.

Les enseignant-e-s ne peuvent pas être seul-e-s face à cette tâche et à ces missions. Il s’agit d’une responsabilité collective, d’une responsabilité de toute la Société.

Elles exigent d’immenses qualités et des connaissances aussi qui aident à structurer une réflexion éducative et démocratique. C’est pourquoi l’Education nationale doit faire une priorité de la question de l’accompagnement et de la formation des enseignant-e-s et des personnels. Mettre des ressources à disposition bien sûr mais surtout développer nettement la qualité, la nature, le contenu de leur formation, initiale et continue, pour leur donner les outils, les clefs, les pistes et le temps de réflexion qui leur permettront de remplir pleinement leurs missions au service de l’éducation et des jeunes.

La lutte pour l’égalité et la justice, la culture et l’éducation participent pleinement de la cohésion et de la sécurité de la nation. Le service public en est l’outil. Il est l’incarnation, au plus près des Français-e-s, de la République. Il est essentiel, dans les temps troublés que nous vivons, que cette richesse et cette force soient plus que jamais soutenues et renforcées.

Addi(c)tion de mépris et de démagogie : les Lycéen-ne-s méritent mieux que des caricatures !

En prétendant lutter contre le décrochage scolaire, Valérie Pécresse affirme aujourd’hui dans la presse  que si elle était élue présidente de la Région Ile-France, les lycéen-ne-s seraient soumis-es à des tests obligatoires de dépistage de consommation de cannabis.

Cette annonce tonitruante qui marque une nouvelle poussée sécuritaire dans une campagne toujours plus à droite de la candidate de droite interpelle à plus d’un titre.

Elle est d’abord une instrumentalisation regrettable du décrochage scolaire ; d’autant plus regrettable que la Région devra assumer dans la prochaine mandature le plein exercice de nouvelles compétences dans la lutte contre le décrochage.

Il aurait été plus responsable de la part de Valérie Pécresse de dire comment elle compte agir – si elle est élue – pour participer à remettre sur le chemin de la réussite scolaire les jeunes en situation de décrochage. C’est un sujet qui mérite mieux qu’une pirouette électoraliste : il concerne des jeunes en souffrance qui ne peuvent pas se projeter dans l’avenir, qui peinent à trouver leur place dans une société où l’obtention d’un diplôme est indispensable pour une insertion professionnelle et cela représente un incroyable gâchis parce que la jeunesse de l’Ile-de-France, la vitalité démographique de notre région est une chance pour son dynamisme et son développement.

Par ailleurs cette proposition de Valérie Pécresse exprime de sa part une bien triste vision de la jeunesse. Considérés a priori comme dangereux, délinquants, drogués, les jeunes sont traités comme des suspects et des irresponsables.

Loin de cette vision répressive et sécuritaire de la jeunesse et de l’éducation , j’ai fait le choix, pendant toute cette mandature comme Vice-présidente en charge des lycées et des politiques éducatives, de prendre le parti pris des jeunes. C’est-à-dire leur faire confiance et construire sur cette confiance un rapport démocratique avec les lycéen-ne-s d’Ile-de-France qui sont les premières actrices et les premiers acteurs à la fois de leur scolarité et – je le crois profondément – des transformations nécessaires du système éducatif et de la société pour plus de démocratie, plus d’égalité et plus de réussite. Chaque fois qu’on leur donne les moyens de peser vraiment, chaque fois qu’on leur permet d’exercer leur liberté, de s’exprimer, de construire un projet, en les traitant à part entière comme des citoyennes et des citoyens, les jeunes sont capables de réaliser avec leur énergie, leur engagement et leurs forces de conviction des choses magnifiques.

Enfin, la question des addictions chez les jeunes est un enjeu important à la fois d’éducation et de santé qui doit être traité avec beaucoup de sérieux et en cherchant avant toute chose les meilleurs moyens de les prévenir, de les détecter et de les soigner. La stigmatisation et la répression ne peuvent pas résoudre les causes profondes des consommations excessives.

Sans parler des limites juridiques, soulignons d’ailleurs le caractère presque ubuesque de la proposition de Valérie Pécresse quand elle affirme qu’un jeune qui refuserait de se soumettre au test de dépistage serait automatiquement considéré comme positif…

C’est pourquoi, en plus du nécessaire travail d’alerte et d’information, il faut dans les lycées la présence systématique de personnels socio-médicaux, aptes à accompagner individuellement les jeunes en addiction par une approche médicale, psychologique et éducative.

Or, aujourd’hui, quelles qu’en soient les raisons (postes vacants ou en nombre insuffisants, conditions de recrutement et de travail…) trop de lycées sont dépourvus de médecins scolaires et n’ont pas d’infirmier-e-s à temps plein. Cette faiblesse de la médecine scolaire fragilise l’application du droit à la santé qui est un principe fondamental rappelé dans la convention internationale des droits de l’enfant.

Sans surprise, Valérie Pécresse surfe donc sur la stigmatisation des jeunes et la surenchère répressive et sécuritaire.

De notre côté avec mes amis du Front de Gauche, nous continuerons à travailler avec les jeunes, avec les équipes éducatives, avec les acteurs et actrices de la santé et de l’éducation pour que, sur ce sujet comme sur bien d’autres, une action publique efficace et concertée soit mise en œuvre.

Le Parti pris des Jeunes

Comme beaucoup le savent déjà, je ne serai pas candidate aux élections régionales des 6 et 13 décembre prochain.

J’ai pris très tôt dans cette mandature cette décision parce que le renouvellement des générations, des personnes avec la diversité de leurs parcours, est une des conditions essentielles de la vitalité de la démocratie et de la politique.

Je suis heureuse aujourd’hui de tenir cet engagement et de voir avec la liste Front de gauche conduite par Pierre Laurent une nouvelle génération de femmes et d’hommes qui font vivre nos idées et nos combats.

Je fais campagne à leur côté avec toute mon énergie et un grand bonheur.

Elue en 1998,  j’ai exercé pendant 3 mandats, dans la majorité de gauche, de nombreuses responsabilités dont, depuis 2010, celle, très enthousiasmante et riche d’expériences, de Vice-présidente en charge des lycées et des politiques éducatives.

Pendant ces 17 ans, Je crois vraiment que nous avons montré avec les élu-e-s communistes-Front de gauche qu’il est possible au sein d’une majorité et dans les institutions d’agir sur le réel, de peser sur le cours des choses.

Alors bien sûr, beaucoup reste à faire et chaque avancée a été le fruit d’un engagement, d’un grand travail de conviction et de combats politiques. Mais notre enjeu a bien été de mettre au centre des politiques publiques les préoccupations directes des Francilien-ne-s, de faire de la Région une collectivité de proximité qui dialogue avec elles et eux.

Le_parti_pris_des_jeunesC’est cette ambition et cette certitude qui ont guidé mon action comme vice-présidente aux côtés des jeunes d’Ile-de-France. En cette fin de mandat j’ai voulu publier un livre pour faire le récit de cette expérience forte et souvent innovante de démocratie collaborative qui montre qu’il est possible de faire de la politique autrement, en construisant l’action publique avec celles et ceux pour qui elle est faite.

Pendant ces cinq années, avec les jeunes, nous avons avancé ensemble pour plus de démocratie, plus d’égalité et plus de réussite.

Nous avons mené un dialogue ininterrompu pour construire ensemble les politiques régionales qui concernent leur vie de lycéen-ne-s.

Leur belle liberté, leur engagement, leurs attentes, leur énergie et leur force de conviction sont les vrais leviers pour repenser l’éducation et l’Ecole mais aussi plus largement pour redonner du sens à la citoyenneté et à la politique.

Ce que j’ai fait avec les jeunes d’Ile-de-France et la confiance qu’ils et elles m’ont accordée m’engage et je veux aussi avec ce livre – dont ils et elles sont les vrai-e-s héros et héroïnes – faire entendre leurs paroles et leurs exigences pour que la priorité à la jeunesse soit pour de vrai au cœur des élections de décembre et surtout des politiques qui seront menées dans la prochaine mandature.

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