Archives pour la catégorie Education

Les chantiers des lycées franciliens : la vérité !

Lycée Flora Tristan - Noisy-le-Grand (93). Lundi 24 août 2015.
Lycée Flora Tristan – Noisy-le-Grand (93). Lundi 24 août 2015

Dans cette semaine de prérentrée et alors que Valérie Pécresse lançait, avec outrance et démagogie, une campagne mensongère pour faire croire que rien n’est fait et que tout va mal pour les lycées franciliens, j’ai effectué trois visites d’importants chantiers en cours.

A chacune de ces visites, accompagnée des services de la Région, j’ai rencontré et j’ai échangé longuement avec les chefs d’établissement, les architectes, les mandataires, les entreprises du bâtiment, les ouvriers et artisans.

Chacun de ces chantiers a sa particularité, ses contraintes, son ambition aussi. En effet, depuis 2010, je fais en sorte que chaque opération sur les lycées franciliens soit un vrai geste architectural qui naturellement vise d’abord une amélioration des conditions d’accueil et d’enseignement mais qui donne aussi aux bâtiments que nous rénovons une dignité, un caractère, une visibilité dans son environnement. Tout cela participe grandement, en même temps que les politiques éducatives, à l’égalité et à la réussite de tou-te-s les lycéen-ne-s francilien-ne-s !

Je veux saluer le grand professionnalisme des architectes, des entreprises qui mènent ces chantiers. J’ai, à chacune de ces visites, été frappée par la bonne tenue des chantiers et par l’engagement des équipes qui y travaillent, suivies par les services de la Région.

Lycée Lavoisier - Porcheville (78). Mercredi 26 août 2015
Lycée Lavoisier – Porcheville (78). Mercredi 26 août 2015

Je veux aussi rappeler quelques vérités, que Valérie Pécresse aurait tout intérêt à entendre pour mieux comprendre la réalité des lycées franciliens.

La région Ile de France est responsable de 469 lycées, dans lesquels plus de 385 000 jeunes francilien-ne-s vont faire leur rentrée mardi prochain.

En termes de rénovations, d’agrandissements, de restructurations, 112 opérations lourdes sont actuellement en cours, à des stades divers : études de maitrise d’œuvre, sélection d’entreprises, chantiers…

8 opérations sur 10 se déroulent sans incidents, c’est-à-dire qu’elles suivent le calendrier prévisionnel ou connaissent à ce stade un retard estimé de livraison inférieur à 6 mois qui peut donc être rattrapé sur la durée du chantier.

Valérie Pécresse ignore sans doute qu’un chantier de lycée de l’ampleur de ceux que nous menons est toujours une opération lourde et complexe qui s’organise selon plusieurs phases, qui repose sur l’intervention coordonnée de plusieurs corps de métiers et qui connait des contraintes particulières, ne serait-ce que parce que les travaux ont lieu en site occupé, les lycées continuant naturellement à accueillir les jeunes francilien-ne-s.

Lycée Chennevrières-Malézieux - Paris 12ème. Jeudi 27 août 2015.
Lycée Chennevrières-Malézieux – Paris 12ème. Jeudi 27 août 2015.

C’est le cas par exemple du chantier du lycée Chennevrières-Malézieux dans le 12ème arrondissement de Paris qui s’étend sur 3 ans, dans un milieu urbain dense, en centre-ville, et qui relève pour l’architecte et les entreprises de BTP d’une véritable gageure technique.

Valérie Pécresse, pour qui tout va mal et rien n’est fait, oublie aussi que, par ces opérations et l’investissement public qu’elles représentent, la région joue un rôle moteur pour le soutien à l’emploi.

Sur un an en moyenne, les travaux dans les lycées mobilisent 200 entreprises et induisent plus de 7500 emplois.

Ce soutien est particulièrement volontariste à l’égard des PME qui sont le tissu de l’économie réelle francilienne. En faisant le choix dès que cela est possible de découper les opérations par lots et corps de métier, plutôt que de recourir à une entreprise générale, la région incite et favorise les PME franciliennes à candidater aux appels d’offres. Alors oui, les PME sont parfois plus fragiles et parfois, nous devons faire face à la cessation d’activité de l’une d’entre elles, ce qui peut retarder le chantier. Mais j’assume pleinement le choix politique de soutien à l’emploi francilien et aux PME.

Par exemple, le chantier du lycée Flora Tristan à Noisy-le-Grand (93) est assuré par 7 PME franciliennes ; celui de la création de l’internat du lycée Lavoisier de Porcheville (78) mené par une PME francilienne induit une centaine d’emplois par an dont la moitié de main d’œuvre sur le chantier.

Par ailleurs, chaque année des travaux réguliers de maintenance, d’aménagement sont effectués. Par exemple 120 chantiers d’été (période propice aux travaux puisque les élèves et les enseignants sont en vacances) ont été menés dans des lycées pour refaire des peintures, rénover des salles de cours, des sanitaires, moderniser des halls d’entrée, remplacer des portes, des fenêtres, des systèmes de sécurité, des installations de chauffage, de plomberie…

Mais pour Valérie Pécresse en campagne, la réalité ne compte pas : Tout va mal et rien n’est fait.

On ne peut – parait-il – que se répéter ou se contredire. De mon côté, j’ai choisi depuis longtemps la cohérence et la responsabilité. Face à la légère schizophrénie de Valérie Pécresse qui, comme ministre du budget et porte-parole du gouvernement de Nicolas Sarkozy de 2011 à 2012 prônait la rigueur et l’austérité, je répète donc que depuis 2010, je travaille au plus près de la réalité, chantier par chantier, action par action, budget après budget, à ce que la réussite des jeunes Francilien-ne-s soit la priorité de la Région.

A titre d’illustration et pour en finir avec la bataille de chiffres, depuis que je suis Vice-présidente en charge des lycées et des politiques éducatives, le budget régional d’investissement en faveur des lycées a augmenté de 20% et celui des politiques éducatives et de soutien à la vie lycéenne a augmenté de 25%.

 

Restitution finale de la consultation lycéenne

Le 26 mai 2015 s’est tenue la restitution finale de la consultation lycéenne pour la réforme du service public de la restauration scolaire des lycées d’Ile-de-France. 

Voici mon intervention:

Le dialogue, la concertation, la proximité sont nécessaires. Merci encore pour ces échanges qui servent à enrichir la réflexion que nous menons. Vous avez bien dit combien le moment, le lieu, la qualité de la restauration scolaire sont des éléments particulièrement importants de votre vie de lycéen-ne-s et de lycéens et en même temps votre sentiment qu’il y a là une zone grise, un sujet qui n’intéresse pas assez l’institution. Continuer la lecture de Restitution finale de la consultation lycéenne 

Des internats pour la réussite de tous les élèves

Henriette ZOUGHEBI et Jean-Paul HUCHON dans  « l’expresso » Le café pédagogique du 29 septembre 2014

« Il faut mixer les populations pour permettre aux jeunes des quartiers populaires d’avoir de bonnes conditions d’études ». Rendu possible par l’alternance politique de 2012, le programme d’ »internats de la réussite » de la région Ile-de-France donne son premier fruit. Le 26 septembre, Jean-Paul Huchon, président du Conseil régional d’Ile-de-France, et Henriette Zoughebi, vice-présidente en charge des lycées, visitaient le chantier du premier internat de la réussite qui accueillera des élèves dès janvier 2015. En plein Paris, l’internat du lycée Guillaume Tirel n’accueillera pas des élèves de CPGE mais des élèves de lycées technologiques ou professionnels.

« On n’est pas en Écosse ». Jean-Paul Huchon répond par cette formule à l’opposition qui parle « d’internat fantôme ». En fait, l’internat du lycée Guillaume Tirel (Paris 14ème) est presque terminé. « Le gros problème ici », confie le mandataire, « c’est le coût du foncier ». L’internat est situé au cœur de Paris, en bordure du lycée hôtelier Tirel, un établissement inauguré il y a peu par la région. L’internat accueillera 105 lits dans 87 chambres de 16 m². « C’est confortable », juge JP Huchon. La taille moyenne des chambres en internat ou en résidence universitaire est de 9 à 12 m². Certaines chambres sont équipées pour des jeunes handicapés. Au rez-de-chaussée des locaux sont prévus pour le travail des lycéens et pour les accompagnateurs : CPE, infirmière, assistants d’éducation.

Des internats d’excellence aux internat de la réussite

La région avait refusé de s’engager dans les « internats d’excellence » de N. Sarkozy, des établissements qui retiraient des quartiers une poignée de jeunes « méritants » pour leur offrir une scolarité loin de chez eux dans des internats coûteux. Le concept d’internat de la réussite développé par la région est différent. Il s’agit de faciliter l’accès à des filières professionnelles rares et d’offrir des places à proximité des quartiers populaires. Si la proviseure de Tirel souhaite que les internes soient tous élèves de l’établissement, ce n’est pas le vœu de la région. Un internat de la réussite doit accueillir des publics diversifiés : en priorité des jeunes qui n’ont pas chez eux de bonnes conditions d’étude. Ensuite des jeunes qui demandent des formations éloignées de chez eux.

Cette mixité, Henriette Zoughebi y tient beaucoup. Déjà en 2011, elle s’était battue pour obtenir la mixité des sexes à l’internat JB Say de Paris (16ème). En plein quartier bourgeois parisien s’était constitué un ghetto à la fois social et de genre. Seuls des garçons élèves des CPGE du lycée avaient accès à l’internat. A l’occasion d’une rénovation de l’internat, elle avait imposé un quota de filles.

Mixité des genres, mixité sociale, mixité scolaire

En 2011 une étude commandée par la région à l’Institut d’aménagement et d’urbanisme d’Ile-de-France montre de fortes inégalités sociales dans les internats régionaux. Deux places sur trois sont réservées à des garçons.  Les élèves de CPGE occupent 42% des places alors qu’ils ne représentent que 4% des lycéens. 35% des pensionnaires viennent de familles cadres contre 27 des lycéens. 15% des pensionnaires viennent de familles ouvrières contre 20% des lycéens.  Les enfants des quartiers populaires ont moins de chances de voir leur enfant accueilli ce qui ferme certaines portes à leur enfant.

Avec les internats de la réussite, c’est la mixité sociale qui s’engage. Si Tirel est installé plutôt dans un quartier aisé, les autres internat prévus par la région sont dans des banlieues populaires : Porcheville (dès 2015), Noisy-le-Grand, Gennevilliers, Cerny et Aulnay-sous-Bois en 2016. La région va consacrer 50 millions par an à ces constructions. Elle a obtenu une aide de 40 millions de l’ANRU, une agence publique qui favorise la mixité sociale. Aux 8 300 places actuellement disponibles dans les lycées publics de la région, la majorité régionale veut en ajouter 2 778 à raison de 500 par an. 200 places nouvelles ouvriront en 2014 suivies de 500 en 2015.

Chaque internat bénéficie d’un accompagnement pédagogique. Négociée avec les 3 académies francilienne, une charte installe une expérimentation menée dans 5 internats à partir de cette rentrée. Elle vise à la fois le recrutement des élèves et leur accompagnement. Les internats devront accueillir des jeunes de milieux diversifiés. L’Etat et la région organiseront un accompagnement pédagogique qui permette l’épanouissement culturel et artistique des jeunes. Les internats de la réussite sont un des éléments de la politique de lutte contre les inégalités dans la région. « C’est important pour moi d’accompagner ce changement de politique », nous dit H. Zoughebi.

François Jarraud

 

Tarification sociale des cantines des lycées

Discours du 14 février 2014

Cher-e-s collègues,

J’ai le plaisir de vous présenter ce rapport qui permettra de transformer le fonctionnement du service public de la restauration scolaire dans les EPLE d’IDF. C’est l’aboutissement d’un travail de longue halène que nous avons mené ensemble.
avec la commission lycée mais aussi nombreuses discussions avec les groupes de cette assemblée

C’est avec fierté que je vous le présente. Cette fierté tient à plusieurs raisons. Premièrement la tarification au quotient familial est une mesure de progrès et de justice sociale pour l’égal accès au service public. De plus c’est une mesure novatrice, nous serons en effet la première région en France à l’instaurer alors que nous sommes celle qui compte le plus d’établissements sur son territoire.. En outre, dans un contexte social difficile, à l’heure où les dotations de l’Etat diminuent et où l’air du temps est à la remise en cause des solidarités collectives, ce rapport constitue une concrétisation des engagements que nous avons pris devant les électeurs. C’est un effort budgétaire au service de toutes les familles franciliennes. Enfin c’est un dispositif permettant de proposer aux jeunes une vraie éducation à la santé publique. Ce rapport fera date, et nous pourrons à l’heure des bilans en être fiers collectivement.

Notre région a fait le choix de la gestion directe des services de restauration dans les EPLE. 90% d’entre eux fonctionnent avec des cuisines au sein même des établissements. Cela témoigne de l’engagement de la région dans la promotion du service public.

Je tiens à cette occasion à saluer l’ensemble des membres des personnel de la restauration des lycées et les remercier chaleureusement.

Les tarifs pratiqués sont aujourd’hui différents d’un lycée à l’autre et varient dans des proportions importantes même s’ ils restent partout largement inférieurs aux prix coutants. Et force est de constater que les jeunes issus de familles populaires, employés ou ouvriers, sont deux fois moins nombreux que les enfants de cadres à les fréquenter. C’est à cette situation que je veux remédier en particulier quand la précarité alimentaire menace la réussite scolaire. A un âge où se nouent les habitudes alimentaires, permettre à chaque jeune de bénéficier d’un repas de qualité et équilibré améliore son attention en classe, sa mémoire et sa qualité d’apprentissage. Ce rapport répond donc à un défi social, un défi de santé publique et un défi éducatif.

Cette politique régionale globale doit ainsi permettre de :

  • faire progresser l’accessibilité des lycéen-ne-s à la restauration scolaire,
  • garantir au quotidien une qualité élevée des produits, développer la formation des personnels de restauration scolaire et la sensibilisation des élèves,
  • et enfin améliorer la gestion de la restauration scolaire.

La mise en place de la tarification au quotient familial vous est proposée avec une grille tarifaire en 10 tranches, et non plus 5 comme lors l’expérimentation, afin d’assurer une progressivité plus fine des tarifs. Elle doit répondre à une double exigence : permettre aux jeunes les plus modestes de ne plus être exclues des cantines sans fragiliser la situation des classes moyennes ou supérieures. Les projections de l’IAU, que je remercie à cette occasion pour la précision et la rapidité de son travail, montrent que la grille que nous vous proposons répond à cette exigence. Le prix plancher (1.5 euros), le prix plafond (4 euros), ainsi que la progressivité entre les tranches, traduisent cette ambition. Dans les lycées des deux départements où nous commenceront à déployer cette mesure à la prochaine rentrée , 78% des familles verront leur situation s’améliorer, ce qui montre bien la pertinence de cette politique. La mesure que je vous propose s’appliquera pour la rentrée prochaine aux 114 EPLE des départements de la Seine-Saint-Denis et du Val-d’Oise. Il y existe en effet un dispositif similaire pour les collèges et les CAF y accompagnent déjà les départements.

La montée en charge s’effectuera d’ici 4 ans pour l’ensemble des lycées de la région.

Le choix du prix plancher à 1.50€ s’inscrit à rebours d’une démarche promouvant les comportements consuméristes et propose un tarif d’entrée qui ne dévalorise pas la valeur d’un repas de qualité et s’inscrit dans une prise de conscience des enjeux alimentaires et de lutte contre le gaspillage. Pour les familles qui rencontrent des accidents de la vie, où qui se trouvent dans des situations sociales particulièrement fragiles, la solidarité nationale, assurée par l’Etat, est la meilleure garantie de leur accès à la restauration pour qu’aucun jeune n’en soit exclu. C’est le rôle des fonds sociaux des cantines que de permettre cela. La présence des assistantes sociales attentives à la situation des jeunes est une garantie suffisante

Avec ce rapport nous vous proposons aussi une démarche qui prend en compte la nécessaire modernisation des modes de gestion des demi-pensions et de lutte contre le gaspillage. La généralisation des bornes de réservation doit permettre la simplification des modalités d’inscription. Il va de soi que ces bornes fonctionneront grâce à des badges et éviteront tout usage des données biométriques des lycéens, comme le préconise la CNIL. Enfin la lutte contre le gaspillage sera au centre de notre démarche en proposant une formation adaptée au personnel de restauration et des actions de sensibilisation auprès des lycéens.

Nous renforçons également nos dispositifs qualité avec en particulier une modification du dispositif d’introduction des produits biologiques pour le rendre plus incitatif.

Enfin, et c’est l’enjeu de la transversalité de nos politiques, nous entendons aussi valoriser nos actions en matière de promotion de l’agriculture de proximité et des filières courtes. Je ne pouvais concevoir l’amélioration de l’accès et de la qualité de nos services de restauration sans travailler en étroite collaboration avec ma collègue Corine Ruffet qui présentera un rapport sur le devenir de l’agriculture francilienne au prochain CR. De plus le groupe de travail sur l’alimentation dans les établissements scolaires qui s’est constituée à l’initiative des commissaires des commissions Environnement et Lycée rendra ses préconisations lors de cette même séance de juin.

Nous avons sollicité, dans un esprit de consultation et de co-construction des politiques publiques, les acteurs du monde de l’éducation. L’avis favorable à une très large majorité du CIAEN en est l’exemple le plus parlant mais nous agirons avec la même exigence et la même rigueur pour les prochaines étapes de la généralisation de cette politique. L’association des syndicats des personnels, chefs d’établissements et gestionnaires, des associations de parents d’élèves, des lycéens et bien sur des académies est au cœur de la démarche que nous menons. Après ce vote, nous continuerons notre travail et nos échanges dans les groupes de travail relatifs à la montée en charge de ces dispositifs.

Nous avons observé que cette mesure rencontrait une vraie adhésion des familles, qui la comprennent et se l’approprient. Les débats que j’ai menés avec les parents d’élèves et les lycéens montrent que le besoin et le désir de justice sociale rencontrent un véritable écho dans notre région, et ce même dans un contexte de crise où certains essaient d’opposer les uns aux autres. Il est à l’honneur de notre assemblée de prouver par nos travaux et par nos débats que l’action publique se construit dans une recherche de l’égalité et de l’émancipation.

Je vous remercie de votre attention.

Programme prévisionnel d’investissement des lycées 2012-2022

Intervention lors de la séance plénière du Conseil Régional du 28 juin 2012:

Ce rapport prépare la délibération de novembre 2012 qui fixera la feuille de route pour les 10 années à venir concernant le programme de constructions et de rénovations des lycées.

Le contenu de notre programme devra refléter la priorité de l’exécutif régional à la jeunesse et la formation. Une priorité aujourd’hui renforcée par les orientations gouvernementales : le Président de la République a décidé de placer l’Éducation nationale au premier rang de l’action publique pour le quinquennat, ce dont je me félicite.

Les attentes des jeunes, de leurs familles, des communautés scolaires et au-delà de l’ensemble de la population sont en effet très fortes dans ce domaine après 5 années marquées par le renoncement à une véritable ambition éducative pour tous les élèves, avec la suppression de milliers de postes d’enseignants, l’abandon de l’éducation prioritaire, la mise en concurrence des établissements, les politiques dites d’excellence qui concentrent un maximum de moyens sur un minimum d’élèves.

La lecture des 17 rapports de l’inspection générale datés de 2011, bloqués à l’époque par Luc Châtel et publiés aujourd’hui est à cet égard très éclairante. On y trouve par exemple la confirmation d’un manque cruel d’enseignants pour les remplacements dans les lycées, des éléments d’alerte sur la reforme de la voie professionnelle avec « un peu plus d’un jeune sur cinq qui ne passe pas de seconde en première », ou encore le coût de l’internat d’excellence de Sourdun : 10.000 euros par an et par interne hors masse salariale.

Ces rapports confirment pour l’essentiel les critiques qui avaient été faites de la politique mise en œuvre ces dernières années, marquée par des effets d’annonces et, sur le terrain, par un véritable démantèlement de l’école publique.

Il est aujourd’hui urgent de rétablir de la confiance dans notre système éducatif. Les jeunes, leurs parents, leurs enseignants, tous attendent que l’on remette de la justice, de l’égalité, de la solidarité et du sens dans l’organisation de notre École, et c’est pourquoi la loi d’orientation et de programmation annoncée par Vincent Peillon est très attendue.

Il s’agit aussi d’agir pour que les jeunes dans leur diversité sociale et scolaire se retrouvent ensemble dans les écoles, les collèges, les lycées publics pour recréer de la mixité sociale. Il faut reconstruire du commun, en finir avec la mise en concurrence des établissements, la compétition entre élèves. Des leviers existent. Nous y travaillons en Île de France avec la mise en place de l’observatoire de la réussite scolaire et de la mixité sociale qui tiendra lundi après-midi son premier atelier.

Le programme régional d’investissement que nous adopterons en novembre doit s’inscrire dans cet objectif d’ambition éducative et de mixité sociale et favoriser également la dynamique des territoires en zone dense comme en grande couronne. C’est la raison pour laquelle j’ai souhaité travailler par grands secteurs géographiques et par filières d’enseignement.

Ce programme ambitieux doit être dans le même temps réalisable puisque pour la première fois je proposerai en novembre un programme avec un calendrier sur 10 années et l’engagement que toutes les opérations votées soient effectivement lancées sur cette période. Cela implique un phasage et des priorités.

Le rapport qui nous intéresse ce soir avance une première estimation des besoins en places nouvelles sur la base de projections territorialisées établies par l’Institut d’aménagement et d’urbanisme d’Île-de-France et des critères de priorisation. Aujourd’hui, le nombre de places supplémentaires nécessaires dans les lycées à échéance 2022 est estimé à 9000.

Pour la création de ces places, la proposition est de privilégier, chaque fois que c’est possible, les extensions de lycées existants, localisés sur des sites accessibles en transport en commun. Cela permet d’optimiser le patrimoine régional dans une perspective de développement durable et de renforcer la polyvalence des établissements.

La polyvalence permet en effet de rapprocher les lycéen-ne-s d’enseignement général, technologique et professionnel. Elle facilite les changements de parcours en cours de formation, et contribue à l’élévation du niveau de qualification en proposant des formations post bac. La polyvalence favorise la mixité scolaire et sociale de nos établissements et c’est extrêmement important.

Je rappelle que le premier rapport d’étape constatait une inquiétante amplification des ségrégations dans les lycées franciliens où la mise en concurrence des établissements joue à plein du fait de la densité urbaine. L’entre soi se développe dans les secteurs les plus favorisés socialement. Des lycées très demandés atteignent voire dépassent leurs capacités d’accueil, quand d’autres se vident. Le rapport affirmait le besoin d’une régulation. En cohérence avec cette analyse, il est aujourd’hui proposé de donner la priorité dans le PPI 2012-2022 aux opérations contribuant à la réduction des inégalités sociales et scolaires.

Le périmètre du programme d’investissement sera élargi. Au-delà des constructions et rénovations globales, le PPI 2012-2022 intégrera les rénovations thermiques, en lien avec l’action 1 du plan régional pour le climat. Il engagera les travaux pour permettre le complet accès des élèves en situation de handicap par bassin et par filière.

Le rapport propose des modifications dans les procédures régionales pour améliorer le rythme et la qualité des programmes de construction rénovation. Sur ce point, il reprend l’essentiel des propositions issues du travail mené tout au long de l’année 2011 par la commission lycées, sous la responsabilité de son président Didier Fischer. Ce travail a fait l’objet d’une communication au Conseil régional de novembre 2011 intitulée « Construction et rénovation des lycées : pour une plus grande efficacité ».

À travers les auditions des responsables des services de l’Unité Lycées, du directeur de la SAERP, de la vice-présidente en charge des personnels et des marchés publics, mais aussi par une étude thématique, à partir d’un échantillon de quinze établissements, les élus de la commission ont établi un constat partagé, repéré de réelles difficultés et formulé 20 propositions. Je veux ce soir les remercier pour tout ce travail.

Les propositions qui sont reprises dans le rapport visent à réduire les délais par de nouveaux types d’interventions comme la rénovation simple, des évolutions dans la relation avec les mandataires ou le lancement d’accord-cadre. Réduire les délais mais sans en rabattre sur la qualité des constructions et des rénovations. L’objectif est de redonner de l’énergie la ou c’est particulièrement difficile et le signal donné par une construction de qualité dans l’espace public des villes populaires est extrêmement important.

Il s’agit également d’améliorer la procédure de concertation avec les communautés scolaires et les collectivités locales pour mieux répondre aux besoins, concertation à laquelle je suis attachée comme vous le savez.

Enfin, des propositions sont formulées pour améliorer la gestion foncière avec l’énoncé de règles claires en ce domaine et l’établissement d’un état des biens régionaux.

Plusieurs sujets plus spécifiques avait été soulevés pratiquement dans tous les débats territoriaux de l’automne dernier. Je pense en particulier aux équipements sportifs, aux lieux de vie pour les élèves, aux internats, aux formations post bac. Nous avons poursuivi la réflexion sur ces sujets avec l’ensemble des acteurs concernés au travers de six réunions thématiques. La participation aux réunions de concertation a été importante. Je tiens à saluer le sérieux et la qualité du travail mené avec les représentants des trois académies, les représentants des établissements (proviseurs, CPE, enseignants), les organisations syndicales, très impliquées dans la démarche, tout comme les fédérations de parents d’élèves.

Leurs regards croisés, leur expertise a été une aide précieuse pour construire les propositions sur les sujets que viens de citer.

Pour répondre aux besoins importants des lycées en matière d’équipements sportifs, il est proposé, en complément du dispositif d’aide régionale aux communes, de développer une disposition nouvelle dans les établissements éloignés d’équipements municipaux. Cela se fera dans le cadre d’opérations ciblées ou de constructions neuves. Il s’agit de construire une salle de sport et d’éducation physique, et d’améliorer les espaces extérieurs situés dans l’enceinte du lycée.

Le périmètre des opérations ciblées est également élargi aux lieux de vie pour les lycéen-ne-s, inscrits comme une priorité du PPI 2012-2022 et de la mise en œuvre du budget participatif.

En ce qui concerne les internats, il est proposé de poursuivre la politique volontariste avec la création de 3000 places nouvelles. Il s’agit notamment de développer des internats de proximité accessibles par le réseau de transport pour un ensemble d’établissements dans un même bassin. Ils doivent permettre d’offrir aux jeunes qui en ont besoin un cadre de travail favorable mais aussi de faciliter l’accès pour toutes et tous à une offre de formation diversifiée.

Au delà des bâtiments et du nombre de places se pose la question de ce que les jeunes vont y trouver pour s’y sentir bien et réussir : comment peut-on les accompagner, leur offrir des activités sportives, culturelles… ? Cela pose la question des personnels d’éducation du ressort de l’Etat mais aussi celle de l’animation qui peut faire l’objet d’un travail en commun État-Région.

Du débat sur le post bac en lycée, c’est-à-dire les classes préparatoires et les sections de techniciens supérieurs, sont ressortis deux enjeux largement partagés : le développement de l’accès aux études supérieures à tous les bacheliers, et la nécessité de réduire les déséquilibres territoriaux en zone centrale comme en zone plus périphérique. C’est le sens de la délibération.

L’adoption de ce rapport va nous permettre de passer ensuite à la dernière étape : l’élaboration de la liste des opérations pour le programme d’investissement 2012-2022.

C’est un acte très important pour la Région et plus largement pour l’ensemble des acteurs franciliens de l’éducation puisqu’il s’agit en premier lieu d’offrir à tous les jeunes, quelque soit leur lieu d’habitation, un cadre et une offre de formation qui correspondent à leurs besoins et leurs attentes en lien avec leur insertion professionnelle et leur épanouissement personnel.

La région n’est pas un prestataire de services, livrant clé en main des bâtiments à l’Éducation nationale. Le cadre proposé aujourd’hui par ce rapport doit nous permettre de construire un programme 2012-2022 qui réponde à notre objectif politique essentiel : l’égalité des droits, et la réussite de tous les lycéen-ne-s affirmée dans le rapport adopté le 1er octobre 2010.

C’est dans cet esprit que j’ai travaillé avec les élus dans leur diversité et tous nos partenaires.

Pour terminer, je veux saluer Ariane Azéma, Karine Le Boulaire et toute l’équipe de l’unité lycées pour le travail fourni en lien avec l’Institut d’aménagement et d’urbanisme d’Île-de-France, un énorme travail de recueil et de croisement de données, des données territorialisées de natures diverses (démographiques, patrimoniales, sur l’offre de formation).

Cela a permis de mettre à la disposition de toutes et tous, les éléments d’analyse objectifs pour établir les propositions les plus à même de répondre aux besoins.

Je vous remercie.

 

Discours du 28 juin 2012