Archives pour la catégorie Une élue à vos cotés

Prenons nos affaires en main : Votons pour « Nos Vies d’abord » !

Dans cette période troublée, lourde de menaces pour la démocratie, pour nos libertés aussi, il est plus que jamais nécessaire de faire vivre le droit à la parole, le dialogue, de porter haut l’exigence de l’égalité, de la justice sociale et de la paix.

Face à la droite qui porte un projet sécuritaire et d’austérité pour notre Région, contre le FN qui prône la haine de l’autre et l’exclusion, les candidats de la Liste « Nos Vies d’abord » menée par Pierre Laurent parlent de nous, de nos vies.

Jeunes, femmes, habitant-e-s des quartiers populaires, nous ne sommes pas un problème mais la solution !

Disons ensemble, bien fort, l’exigence de dignité, de respect et d’autonomie pour tou-te-s les Francilien-ne-s !

L’exigence de l’égalité contre le racisme, le mépris et le paternalisme !

Tous les jours nous développons des réseaux de solidarité, nous créons du commun dans nos quartiers, dans nos lieux de vie, d’études et de travail. Nous aimons notre région pour sa diversité, sa jeunesse, ses quartiers, son ouverture au monde.

Voter dimanche 6 décembre pour « Nos Vies d’abord », c’est mettre toutes ces énergies au service d’un projet d’égalité, d’émancipation humaine, de développement social et de transition écologique.

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Quelques propositions portées par la Liste « Nos Vies d’abord » :

  • La gratuité des transports publics pour les moins de 18 ans
  • La construction de 100 000 logements par an dont la moitié de logements sociaux
  • La mise à disposition de logements pour les mères élevant seules leurs enfants
  • La création d’une carte Jeunes ouvrant l’accès aux droits, à la santé, à la culture, aux loisirs
  • La gratuité du matériel dans les filières professionnelles des lycées
  • Des commandes publiques et des subventions aux entreprises respectant des engagements d’embauche et d’insertion de jeunes des quartiers et d’égalité salariale femmes/hommes

 

La solidarité et l’éducation contre la barbarie et le fanatisme

Les attentats de vendredi nous ont toutes et tous saisi d’effroi et de sidération.

Chacune et chacun mesure bien que cette violence aveugle, inconcevable, touche au cœur même de la vie, celles des victimes, de leurs proches mais aussi au cœur de notre vivre ensemble, à nous toutes et tous , dans la diversité de nos origines, de nos cultures, de nos convictions.

Nous sommes dans le temps du deuil et de la tristesse et je veux dire combien je partage la douleur des familles des victimes et la compassion très spontanée qui s’est exprimée ce weekend à Paris, dans notre Région, en France et dans de très nombreux pays du monde.

Dans les moments tragiques que nous vivons, je suis frappée tout autant par cette belle fraternité exprimée que par l’engagement et la mobilisation exemplaires des forces de l’ordre, des sauveteurs, des pompiers, des médecins et des équipes médicales et sociales. Le service public a montré une fois encore combien il est la grande richesse de notre pays, combien il est toujours en première ligne lorsqu’il s’agit d’aider, de protéger les Français-e-s.

Hier matin les jeunes ont retrouvé leurs lycées, leurs ami-e-s, leurs enseignant-e-s. Je sais que cette matinée a été consacrée à des échanges, en classe, pour donner tout son sens à la minute de silence.

Dès samedi j’ai tenu avec le président Huchon à adresser un courrier à l’ensemble des proviseur-e-s et des équipes éducatives des lycées franciliens pour saluer leur engagement républicain et éducatif et les assurer de notre soutien et de notre vigilance pour répondre à leurs besoins, notamment en terme de sécurité des établissements et des lycéen-ne-s.

Une fois encore les équipes éducatives du service public d’Education nationale étaient elles aussi en première ligne. Ce sont elles qui sont chaque jour aux côtés des jeunes pour les aider à donner du sens au monde, à grandir, à développer pleinement leur intelligence, à exercer leur liberté et leur citoyenneté. Elles ont comme seuls outils la culture, la connaissance, l’intelligence et la pédagogie, l’empathie pour les jeunes.

Je veux leur dire une fois encore toute mon admiration pour leur rôle majeur et les missions capitales qu’elles ont à exercer pour que chaque jour les valeurs fondamentales de la République ne soient pas que de simples mots sur des frontons. Leur dire aussi, comme responsable politique, comme citoyenne, mes remerciements sincères et chaleureux et mon soutien.

Une fois encore, après les attentats de janvier, les professeur-e-s, les personnels de l’Education sont investi-e-s d’un rôle majeur, aujourd’hui pour accompagner les jeunes dans l’expression de l’émotion et de la compassion mais surtout commencer avec elles et eux un long dialogue qui les aidera à comprendre les enjeux et les conséquences de la situation que nous vivons, à penser la complexité du monde et de l’humanité et à lui donner du sens pour avoir prise sur le cours des choses et relever les défis des temps nouveaux.

J’ai en effet la conviction que c’est aussi en faisant toute sa place à la parole, à l’écoute, à la confiance mais aussi à l’engagement des jeunes que nous pourrons construire, avec la culture, l’éducation et un nouveaux rapports aux savoirs, les conditions pour lutter contre la barbarie et le fanatisme.

Les enseignant-e-s ne peuvent pas être seul-e-s face à cette tâche et à ces missions. Il s’agit d’une responsabilité collective, d’une responsabilité de toute la Société.

Elles exigent d’immenses qualités et des connaissances aussi qui aident à structurer une réflexion éducative et démocratique. C’est pourquoi l’Education nationale doit faire une priorité de la question de l’accompagnement et de la formation des enseignant-e-s et des personnels. Mettre des ressources à disposition bien sûr mais surtout développer nettement la qualité, la nature, le contenu de leur formation, initiale et continue, pour leur donner les outils, les clefs, les pistes et le temps de réflexion qui leur permettront de remplir pleinement leurs missions au service de l’éducation et des jeunes.

La lutte pour l’égalité et la justice, la culture et l’éducation participent pleinement de la cohésion et de la sécurité de la nation. Le service public en est l’outil. Il est l’incarnation, au plus près des Français-e-s, de la République. Il est essentiel, dans les temps troublés que nous vivons, que cette richesse et cette force soient plus que jamais soutenues et renforcées.

Le Parti pris des Jeunes

Comme beaucoup le savent déjà, je ne serai pas candidate aux élections régionales des 6 et 13 décembre prochain.

J’ai pris très tôt dans cette mandature cette décision parce que le renouvellement des générations, des personnes avec la diversité de leurs parcours, est une des conditions essentielles de la vitalité de la démocratie et de la politique.

Je suis heureuse aujourd’hui de tenir cet engagement et de voir avec la liste Front de gauche conduite par Pierre Laurent une nouvelle génération de femmes et d’hommes qui font vivre nos idées et nos combats.

Je fais campagne à leur côté avec toute mon énergie et un grand bonheur.

Elue en 1998,  j’ai exercé pendant 3 mandats, dans la majorité de gauche, de nombreuses responsabilités dont, depuis 2010, celle, très enthousiasmante et riche d’expériences, de Vice-présidente en charge des lycées et des politiques éducatives.

Pendant ces 17 ans, Je crois vraiment que nous avons montré avec les élu-e-s communistes-Front de gauche qu’il est possible au sein d’une majorité et dans les institutions d’agir sur le réel, de peser sur le cours des choses.

Alors bien sûr, beaucoup reste à faire et chaque avancée a été le fruit d’un engagement, d’un grand travail de conviction et de combats politiques. Mais notre enjeu a bien été de mettre au centre des politiques publiques les préoccupations directes des Francilien-ne-s, de faire de la Région une collectivité de proximité qui dialogue avec elles et eux.

Le_parti_pris_des_jeunesC’est cette ambition et cette certitude qui ont guidé mon action comme vice-présidente aux côtés des jeunes d’Ile-de-France. En cette fin de mandat j’ai voulu publier un livre pour faire le récit de cette expérience forte et souvent innovante de démocratie collaborative qui montre qu’il est possible de faire de la politique autrement, en construisant l’action publique avec celles et ceux pour qui elle est faite.

Pendant ces cinq années, avec les jeunes, nous avons avancé ensemble pour plus de démocratie, plus d’égalité et plus de réussite.

Nous avons mené un dialogue ininterrompu pour construire ensemble les politiques régionales qui concernent leur vie de lycéen-ne-s.

Leur belle liberté, leur engagement, leurs attentes, leur énergie et leur force de conviction sont les vrais leviers pour repenser l’éducation et l’Ecole mais aussi plus largement pour redonner du sens à la citoyenneté et à la politique.

Ce que j’ai fait avec les jeunes d’Ile-de-France et la confiance qu’ils et elles m’ont accordée m’engage et je veux aussi avec ce livre – dont ils et elles sont les vrai-e-s héros et héroïnes – faire entendre leurs paroles et leurs exigences pour que la priorité à la jeunesse soit pour de vrai au cœur des élections de décembre et surtout des politiques qui seront menées dans la prochaine mandature.

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Restitution finale de la consultation lycéenne

Le 26 mai 2015 s’est tenue la restitution finale de la consultation lycéenne pour la réforme du service public de la restauration scolaire des lycées d’Ile-de-France. 

Voici mon intervention:

Le dialogue, la concertation, la proximité sont nécessaires. Merci encore pour ces échanges qui servent à enrichir la réflexion que nous menons. Vous avez bien dit combien le moment, le lieu, la qualité de la restauration scolaire sont des éléments particulièrement importants de votre vie de lycéen-ne-s et de lycéens et en même temps votre sentiment qu’il y a là une zone grise, un sujet qui n’intéresse pas assez l’institution. Continuer la lecture de Restitution finale de la consultation lycéenne 

Créer du commun et non de l’exclusion

Article paru dans « l’Humanité », le 25 mars 2015:

Après la polémique sur la restauration scolaire, le point de vue d’Henriette Zoughebi, vice-Présidente de la région Île-de-France, chargée
des lycées et des politiques éducatives.
 
 

Après d’autres, le maire UMP de Chalon-sur-Saône lance une polémique démagogique en annonçant un menu unique dans les cantines de sa ville. Cette décision n’est pas une défense de la laïcité mais, au contraire, l’instrumentalisation de ce principe fondamental de la 
République pour exclure et stigmatiser à des fins politiciennes et électoralistes.

Il ne s’agit donc pas d’imposer le porc ou d’imposer l’absence de porc, ni d’introduire des aliments halal ou casher, c’est-à-dire confessionnels, mais bien de proposer plusieurs menus qui laissent le choix aux jeunes et respectent leur diversité pour favoriser le vivre-ensemble. C’est ce que nous faisons dans les 472 lycées publics d’Île-de-France qui accueillent plus de 382 000 jeunes.

Nous mettons tout en œuvre pour faire venir et accueillir à la restauration scolaire tous les lycéen-ne-s dans la diversité de leurs origines sociales, de leur culture familiale, de leur religion, de leurs habitudes alimentaires. Il s’agit bien d’une exigence de justice sociale et d’un enjeu éducatif : permettre à tous de manger et favoriser une éducation au goût, à la santé, au « bien manger ».

C’est tout l’objectif de la politique de la réforme de la restauration scolaire dans les lycées que je porte à la région Île-de-France et qui s’articule autour de trois axes : la mise en œuvre d’une tarification unique au quotient familial pour favoriser l’égal accès des lycéen-ne-s à la restauration scolaire ; une amélioration de la qualité des repas ; enfin, une éducation au goût et à la santé, y compris par l’investissement des lycéen-ne-s dans les commissions des menus.

Appliquée depuis la rentrée 2014 dans les lycées de la Seine-Saint-Denis et du Val-d’Oise, et à partir de la rentrée prochaine dans les lycées du Val-de-Marne et de la Seine-et-Marne, cette réforme s’étendra progressivement à tous les départements de la région. Elle représente un investissement régional important (36 millions d’euros par an en année pleine) et incarne un choix politique : que la restauration scolaire soit un lieu et un temps où les jeunes dans leur diversité apprennent à vivre ensemble, à partager et finalement à créer leur « commun ».

La question de l’égalité est essentielle

Entretien avec le café pédagogique du 16 janvier 2015.

 » Comment arriver à convaincre les jeunes que la laïcité leur donne plus de protection et de droits ? Il faut d’abord que la société respecte ces principes pour de vrai. » Vice présidente de la région Ile-de-France en charge des lycées, Henriette Zoughebi représente l’Association des régions de France dans la consultation lancée par N Vallaud-Belkacem. Elle lui propose deux décisions : utiliser les CVL pour lancer le dialogue entre jeunes et supprimer la filière spéciale post bac imaginée par le ministère pour les bacheliers professionnels. Continuer la lecture de La question de l’égalité est essentielle 

forum de lutte contre le décrochage

Mesdames Messieurs,

 Je suis très heureuse de vous accueillir aujourd’hui, si nombreuses et si nombreux dans cet hémicycle au nom de la région et de son président Jean-Paul Huchon, pour notre forum régional de Lutte contre le décrochage.

Vous connaissez les enjeux de cette question essentielle pour le système éducatif français et plus largement pour la réussite de tous les jeunes.

Les décrocheurs sont les élèves de 16 à 25 ans qui quittent le système de formation initiale sans avoir obtenu au moins de diplôme ou une qualification de niveau V (CAP BEP) ou IV (baccalauréat). En France, ils sont estimés à 140 000 en moyenne chaque année. Le risque de chômage est aujourd’hui deux fois plus important pour les jeunes sans diplôme que pour ceux qui ont le baccalauréat ou un titre équivalent.

Concernant le décrochage scolaire en Ile de France, le système interministériel d’information permet d’identifier en 2013 26 800 décrocheurs. Ils sont sans doute plus nombreux.

Derrière ces chiffres préoccupants, il y a une réalité humaine : des jeunes en souffrance qui ne peuvent pas se projeter dans l’avenir, qui peinent à trouver leur place dans une société où, vous le savez, l’obtention d’un diplôme est indispensable pour une insertion professionnelle.

Il y a aussi un incroyable gâchis parce que la jeunesse de l’Ile de France, la vitalité démographique de notre région est une chance pour son dynamisme et son développement.

Il y a aussi, surtout, une terrible injustice. En effet si le décrochage peut toucher toute sorte de jeunes, celles et ceux qui, au final quittent l’école sans qualification ni diplôme sont dans leur très grande majorité des jeunes issus de milieu populaire.

La lutte contre le décrochage scolaire doit donc s’inscrire dans une réflexion plus large qui est celle de la lutte contre les inégalités sociales, scolaires et culturelles. Toutes les enquêtes, toutes les données montrent en effet que ce sont les inégalités qui plombent le système éducatif.

L’enquête PISA 2012 souligne l’écart de réussite entre les élèves issus de milieux très défavorisés et ceux de milieux très favorisés. Ce déterminisme social, autrement dit la relation entre le niveau socio-économique des élèves et leur performance, atteint un niveau d’autant plus alarmant qu’il est de plus grande ampleur encore en 2012 qu’en 2003 et le plus élevé des pays de l’OCDE.

L’étude récente de la Fondation allemande Bertelsmann confirme cette réalité de l’influence de l’origine sociale sur la réussite scolaire. La France est classée 26ème sur les 28 pays de l’Union Européenne, juste avant la Bulgarie et la Slovaquie.

On voit donc que le premier rôle dans la lutte contre l’échec scolaire et pour prévenir le décrochage revient à l’école elle-même, à l’éducation nationale. C’est-à-dire que l’enjeu fondamental est bien de permettre la réussite de chaque élève par un meilleur accompagnement dans les apprentissages, pour éveiller le désir d’apprendre. Cela touche à la fois aux questions pédagogiques, à la formation des enseignants, aux conditions d’études et à l’organisation des parcours scolaires. C’est tout l’enjeu de la nécessaire refondation de l’école. La Loi de juillet 2013 a marqué une étape. Le chantier, disons-le clairement, est devant nous.

Toutefois, face à de tels enjeux, la Région a elle aussi une responsabilité, importante.

L’ile de France en a eu conscience assez tôt. En effet, le dispositif « Réussite pour tous » lancé en 1999 répond à cette double nécessité de prévenir le décrochage scolaire et permettre le retour à la formation des jeunes en situation de décrochage. Ce dispositif, qui est aujourd’hui un élément central de l’action régionale en la matière, a connu un développement très important : 2 projets en 2000, dont l’expérience du micro-lycée de Sénart ; 119 projets des lycées soutenus pour l’année scolaire 2013-2014. C’est dans cet esprit aussi qu’a été construit le dispositif d’accès à l’apprentissage qui permet d’accompagner et donc d’éviter le décrochage de jeunes dans un parcours réussi vers l’apprentissage.

C’est dans la poursuite de la prise de conscience de cette réalité insupportable que la Région a élevé la lutte contre le décrochage au rang de grande cause régionale en 2012 et que le Conseil régional a adopté en avril 2013 un plan d’actions de lutte contre le décrochage.

Puis, la Loi Sapin de mars 2013 donne une responsabilité nouvelle aux régions. Elle prévoit, je cite, que « les actions de prise en charge des jeunes sortant du système de formation initiale sans un diplôme national ou un titre professionnel enregistré et classé au répertoire national des certifications professionnelles sont mise en œuvre et coordonnées au niveau local par la Région en lien avec les autorités académiques »

Cela nous oblige à appréhender de manière plus fine d’une part la réalité du décrochage, d’autre part les objectifs de la lutte contre le décrochage et enfin les actions efficaces en comprenant et en respectant le rôle de chacun, notamment celui de l’Education nationale.

Il faut donc agir sur les 3 étapes du décrochage :

  • La prévention d’abord et c’est l’objet notamment de la mise en œuvre des protocoles de sécurisation des parcours qui sont expérimentés, suite à la signature d’un document cadre entre la région et les 3 académies franciliennes, dans 4 territoires (La Courneuve-Saint Denis (93) ; Gonesse-Sarcelles (95) ; Paris (10e-11e-19e-20e) ; Coulommiers (77)). Le document cadre signé entre la Région et les 3 académies précisent que la vocation de ces protocoles est «  de mobiliser le réseau d’acteurs volontaires, de mutualiser les ressources et les expériences, d’accompagner, à la demande, des jeunes désignés par les établissements de formation pour prévenir le décrochage (…) ».
  • 2ème étape : pendant les situations qui poussent au décrochage, c’est-à-dire par exemple au moment des transitions difficiles comme le passage du collège au Lycée ou du collège au CFA. Ou encore lors d’événements qui coupent de l’école comme par exemple une maternité.
  • Et 3ème étape, après le décrochage pour construire un retour dans la formation, avec une organisation, des conditions d’accueil et d’études, une pédagogie innovante, c’est-à-dire adaptées à la réalité de la vie, des besoins et des aspirations des jeunes qui renouent avec un parcours scolaire. C’est notamment tout l’objet des micro-lycées. L’année dernière, 2 nouvelles structures ont vu le jour : le micro lycée de Paris et le Lycée des possibles à la Celle Saint Cloud

 Engagement fort de la Région au côté de l’Education nationale autour d’objectifs partagés, ce plan et donc notre action repose sur une méthode : soutenir la dynamique de mise en réseau de tous les acteurs concernés par la lutte contre le décrochage : l’Etat et ses services déconcentrés, les collectivités territoriales, les lycées, les CFA, les missions locales, les associations.

Il s’agit bien d’expérimenter et d’évaluer collectivement des actions concertées, rapides et efficaces au service des jeunes qui risquent le décrochage ou qui sont en situation de décrochage.

C’est cette ambition aussi, qui préside à l’organisation de ce forum dont je veux qu’il soit notre rendez-vous, celui de tous les professionnels qui, dans des territoires différents et avec des pratiques et des expériences complémentaires, sont investis dans la réussite de jeunes de l’Ile-de-France, en y associant la recherche.

Dans cette première année de mise en place du plan les partenariats se tissent je me donc réjouis de voir réunis ici tous les acteurs de la lutte contre le décrochage.

Plus largement, à partir des réflexions qui se dégageront aujourd’hui, il est important pour moi de porter politiquement, dans la société, cette question de la lutte contre le décrochage, notamment auprès des élu-e-s locaux.

Je vous remercie donc très chaleureusement de participer à ce forum régional de lutte contre le décrochage pour qu’ensemble nous puissions, par l’échange et la réflexion commune, regrouper nos énergies, les fédérer pour donner à tous les jeunes de la confiance, de l’ambition et réunir les conditions de leur réussite.

« Les lycéens ne se sentent pas écoutés »

Le Café Pédagogique, le jeudi 09 juin 2011.

Entre mars et mai, Henriette Zoughebi, vice-présidente du conseil régional d’Ile de France chargée des lycées, s’est rendue dans 15 établissements (publics, privés, agricoles) pour y rencontrer quelque 2 000 lycéens et les écouter parler de leurs situations et de leurs projets. Un de ses constats rejoint les résultats de la consultation de 2000 :  les lycéens ne se sentent pas vraiment écoutés.

« Ce qui m’a le plus frappé pendant cette consultation, c’est la qualité de la parole de ces jeunes » commente Henriette Zoughebi. « J’ai rencontré 2 000 lycéens, ce qui n’est pas banal, dans des lycées représentant toute la diversité sociale de l’Ile-de-France ». Selon elle les lycéens, ont très bien répondu à ses sollicitations, « on leur demandait leur avais et ils y sont allés à fond ».

Elle estime aussi avoir été très bien accueillie dans les établissements, où les proviseurs avaient préparé ces réunions avec son équipe : définition des objectifs (être dans une parole d’échanges), composition de la réunion (parents, enseignants, lycéens, représentants des entreprises locales), la région ayant également invité ses partenaires économiques.

Certes, les jeunes étaient très divers, mais ils présentaient aussi beaucoup de points communs, déclare Henriette Zoughebi. « Ils faisaient preuve d’un réalisme étonnant par rapport au travail, au chômage et aux difficultés de la vie. Ils présentaient un surinvestissement sur toutes les questions d’entrée dans l’emploi, qu’ils vivent comme une forte pression, que ce soit à Neuilly ou à Aubervilliers ». Pour autant, ils ne sont pas que dans l’utilitaire et conservent une part de rêve ajoute-t-elle.

Les lycéens ont aussi formulé de nombreuses demandes d’aide par rapport aux contacts avec les entreprises, que ce soit pour mieux connaître les métiers ou pour décrocher un stage. Plus le secteur du lycée est populaire, plus la demande est forte, constate Henriette Zoughebi. Les palettes de métiers proposées aux portes ouvertes diffèrent selon la situation de l’établissement et souvent les lycéens expriment une forte attraction pour créer leur entreprise. Ils aimeraient aussi beaucoup partir à l’étranger pour se former ou exercer un métier.

Les lycéens ne sentent pas vraiment écoutés, ils ont le besoin d’être pris en compte comme personne, ils l’ont exprimé fortement au cours de ces rencontres, souvent avec des mots assez durs, déclare Henriette Zoughebi. Cela s’accompagne souvent d’un sentiment d’isolement. La vie lycéenne ne fonctionne pas toujours et, de plus, ils aimeraient pouvoir monter leurs propres projets, plutôt qu’être invités à participer aux clubs des profs. Ils aimeraient que l’on pose la question « qu’est-ce que tu veux faire ? » au lieu de leur dire « voilà ce que tu pourrais faire ». Ils revendiquent que l’on change de regard sur eux.

Ces jeunes étaient tout à fait capables d’exprimer la souffrance que leur cause le système, notamment le poids ou la peur de l’échec. Dans les milieux populaires, le meilleur encouragement à la réussite scolaire vient souvent des mamans. Ils sont très demandeurs de formations passerelles et de rencontres interlycées.

« Cela a été pour moi une expérience humaine très encourageante » affirme Henriette Zoughebi. « Eux m’ont remercié d’être venue et d’avoir écouté ce qu’ils disaient. Je crois que, pour eux, le plus important c’est d’avoir été un interlocuteur à part entière. On discutait toujours beaucoup de façon informelle, après les réunions ».

Une restitution de ces échanges a été organisée le 20 mai, en présence de Jean-Paul Huchon. Tous les lycéens qui avaient pris la parole y avaient été invités. Ils étaient très curieux de savoir ce que l’on allait faire de leurs propos, explique Henriette Zoughebi. Après une série de vidéos rapportant les phrases clés prononcés dans chaque lycée et une discussion très ouverte avec la salle, la vice-présidente a formulé cinq propositions, déjà plus ou moins énoncées dans le rapport voté en octobre pour la réussite de tous les élèves. Elles concernent l’aide aux stages, le développement de passerelles entre les filières générale, technologique et professionnelle (à voir avec les académies), la facilitation de  rencontres inter-lycées, le lancement d’une nouvelle politique culturelle et le financement de projets émanant des conseils de la vie lycéenne.

Pour l’instant, ce ne sont que des réflexions, pas un dispositif, précise Henriette Zoughebi. Les services vont maintenant travailler pour élaborer des propositions concrètes qui seront soumises à l’assemblée régionale à la rentrée.

Selon Henriette Zoughebi, le président Jean-Paul Huchon a accordé beaucoup d’importance à cette restitution. La jeunesse est pour lui une question centrale et il estime que les jeunes doivent être partie prenante de leur avenir. Dans son programme électoral, il faisait une large place à l’autonomie des jeunes (résidence étudiante, aide à la mobilité pour les jeunes en insertion professionnelle, pass contraception). Il a redit le 20 mai que les lycées restaient une priorité régionale importante, malgré les gros investissements consentis sur les transports. Comme elle, il a été surpris du réalisme et de la qualité de pa parole des jeunes.

Parallèlement aux échanges oraux, une enquête audiovisuelle qualitative a été menée auprès d’une centaine de lycéens. A partir de cette enquête et des consultations, le sociologue Camille Peugny a réalisé une intéressante analyse, téléchargeable sur le site de la région, ainsi que la video de la restitution.

Françoise Solliec

 

Les conseillers régionaux de la majorité de gauche du Conseil régional d’Ile-de-France se mobilisent en faveur des élèves sans papiers des lycées franciliens

Vendredi 6 mai prochain, de 17h à 19h, les élus régionaux des Groupes socialiste, Front de Gauche PCF-GU-AC, Europe Ecologie – Les Verts, PRG-MUP et Front de gauche & Alternatifs parraineront avec Henriette Zoughebi, Vice-présidente en charge des lycées, plusieurs dizaines de lycéen-ne-s sans papiers dans l’hémicycle du Conseil régional.

Les représentants de la FCPE, du Réseau Education Sans Frontières, ainsi que les enseignant-e-s et camarades des lycéen-ne-s concernés seront également présents.

Cette manifestation s’inscrit dans la droite ligne d’une résolution de la majorité régionale votée en séance plénière le 1er octobre 2010, affirmant la solidarité de ses élu-e-s avec les élèves sans papiers des lycées franciliens, les plaçant sous leur protection et s’engageant à soutenir toutes les initiatives en faveur de leur régularisation.

Depuis ce vote, plus de cent établissements des huit départements d’Île-de-France ont à leur tour voté des vœux de soutien à leurs élèves sans papiers ou menacés de le devenir.

De multiples actions ont été conduites pour empêcher leur expulsion et demander leur régularisation. Des pétitions circulent dans les lycées, des équipes éducatives se mobilisent, des chefs d’établissement interviennent, des parents, des enseignant-e-s, des élèves eux-mêmes exigent des papiers pour les jeunes qui en sont privés.

La majorité régionale se félicite que cette contribution politique ait permis d’approfondir la mobilisation. Les lycéen-ne-s sans-papiers doivent être reconnu-e-s pour ce qu’ils sont : des acteurs à part entière de la citoyenneté.

A la veille de la période des examens, l’enjeu devient doublement important : pouvoir se présenter aux épreuves, et pouvoir continuer ses études. Car c’est bien souvent à l’issue d’un cursus scolaire, où à l’atteinte de leur majorité, qu’ils ou elles sont expulsé-e-s.

En parrainant publiquement ces lycéen-ne-s ce vendredi, les élu-e-s de la majorité régionale veulent protéger de toute issue dramatique des élèves franciliens que rien ne devrait distinguer de leurs condisciples.

Par ce geste les élu-e-s régionaux affirment leur engagement, aux cotés des syndicats d’enseignant-e-s et de lycéen-ne-s, de la FCPE et du RESF, pour le respect du droit universel à l’éducation.