« Le tourisme peut-il être de gauche » ?
L’Ile-de-France prend peu à peu une place particulière dans un monde où les progrès des transports bouleversent en continu la cartographie, en même temps que les notions de distances et de temps. La récente ouverture de la ligne TGV Est vient amplifier cette tendance en plaçant véritablement notre région au cœur de l’Europe.
Dans ce mouvement, Paris et l’Ile-de-France confortent leur attractivité tant du point de vue économique que de celui qui fait l’objet de cette note : le tourisme.
La notion de tourisme fait d’abord appel à des valeurs humaines généreuses comme le désir de découverte, le respect, la compréhension, l’échange, le partage… Ces valeurs prennent une place grandissante dans les voyages et l’on voit émerger ces dernières années de nouvelles formes de tourisme : tourisme éthique, solidaire, équitable, etc. L’écrivain anglais spécialiste du voyage, Théodore Zeldin, parle même de « nouveau voyage dont l’enjeu ne serait plus seulement de découvrir de nouveaux lieux mais de faire de nouvelles rencontres ».
Le tourisme recouvre aussi une assez large palette d’activités sociales et économiques. Pendant longtemps, ce secteur a été considéré comme relevant de la seule « économie de cueillette » : il n’y avait qu’à se baisser pour en ramasser les fruits. Cette conception libérale excluait de fait toute intervention politique.
Aujourd’hui, à la fois, l’importance prise par le tourisme (premier pourvoyeur de recettes dans la balance des paiements devant l’automobile et l’agro-alimentaire) et la portée des questions sociales et environnementales soulevées par son essor en font un espace privilégié pour les décideurs et acteurs politiques.
Quelques-unes de ces questions ont d’ailleurs fait irruption dans actualité de ces derniers mois :
- Roissy Charles de Gaulle, Sarkozy et le SDRIF… Est-ce un hasard si c’est à partir d’un des plus importants aéroports du monde que Sarkozy a choisi de lancer la polémique sur l’aménagement de l’Ile-de-France et de sa place en France, en Europe et dans le monde ?
- « Y a-t-il trop de touristes en Ile-de-France ? » De même, la question soulevée cet été, notamment par les Verts parisiens, sur le nombre grandissant de touristes dans la capitale élargit le débat à de grandes questions de société : quelle conception du monde et des échanges entre les peuples ? Quelles valeurs promouvoir ? Quel rôle pour la région dans le village mondial ? Quelles politiques économiques, de transports, d’aménagement urbain et de protection de l’environnement ? Quelle gouvernance ? Etc.
Tout cela offre à la Région – et à notre groupe en particulier – une véritable opportunité.
Celle de contribuer à ce que développer le tourisme puisse être partout synonyme de créer des emplois, améliorer la qualité de vie de nos concitoyens par l’implantation d’activités nouvelles et de nouveaux services, y compris publics, comme les transports.
Celle de contribuer aussi, par des coopérations nouvelles entre la Région, Paris et les départements, à ce que ce développement bénéficie à l’ensemble de la région et participe à corriger les inégalités sociales et territoriales.
Celle de contribuer enfin à faire du tourisme l’un des leviers du développement durable (économique, social, environnemental) de toute l’Ile-de-France.
Henriette Zoughebi, Conseillère régionale d’Ile-de-France















