Pour un mémorial pédagogique de la déportation des femmes résistantes au Fort de Romainville

Romainville1J’ai participé aujourd’hui à la cérémonie d’hommage organisée au fort de Romainville par les Villes des Lilas et de Romainville et avec l’association « Mémoire Vive » en mémoire notamment des 230 femmes déportées à Auschwitz-Birkenau par le convoi du 24 janvier 1943, premier convoi de femmes résistantes parti de France, dont une majorité de communistes : Marie Claude Vaillant Couturier, Danielle Casanova, Charlotte Delbo, Madeleine Odru…

Le Fort de Romainville est un lieu de mémoire majeure de l’histoire des femmes résistantes. En effet il fut le seul camp d’internement nazi en France où plus d’un détenu sur deux fut une femme. Elles furent ensuite déportées, principalement vers Ravensbrück.

C’est pour leur rendre hommage et perpétuer leur mémoire ainsi que les valeurs et l’engagement de ces femmes résistantes communistes et progressistes qu’avec mes ami-e-s de la Fédération du Parti communiste de Seine-Saint-Denis et du groupe Front de Gauche au Conseil Régional d’Ile-de-France, nous avons déposé deux gerbes.
Etaient présent-e-s notamment Didier Mignot, conseiller régional du Groupe Front-de-Gauche, Laurent Jamet, responsable du PCF de Seine-Saint-Denis, Pascale Labbé, conseillère départementale déléguée chargée de l’égalité femmes-hommes, Claude Ermogéni, 1er adjoint au maire des Lilas, Michel Tavet, conseiller municipal de Neuilly-sur-Marne.

Romainville2Nous avons voulu dire cette année, avec peut-être un sentiment d’urgence plus fort que les années précédentes, l’absolue nécessité pour toutes les institutions républicaines mais aussi pour les partis politiques, de s’engager résolument dans le travail de mémoire et de transmission de l’histoire.

Notre responsabilité collective est grande dans le contexte politique malsain que nous vivons avec les attaques et les tentations réactionnaires et populistes qui fragilisent la République et la Gauche.

Romainville3En 2015, avec le groupe Front-de-Gauche au Conseil régional, nous avions fait inscrire par amendement dans le Contrat de Plan Etat/Région la création au Fort de Romainville d’un mémorial pédagogique sur la déportation des femmes résistantes. Cette initiative a été soutenue par Marie-Georges Buffet, députée de Seine-Saint-Denis et par Pierre Laurent, sénateur et secrétaire national du PCF.

Nous souhaitons que la nouvelle majorité du Conseil régional ne remette pas en cause cet engagement et que celui-ci continue à être porté par le Conseil départemental, les villes de Seine-Saint-Denis et naturellement par l’Etat.Romainville4

Un tel lieu qui n’existe ni en Ile-de-France, ni au niveau national permettrait, en lien avec notamment le Musée national de la Résistance, d’offrir aux jeunes et aux équipes pédagogiques et éducatives les possibilités d’un travail d’histoire et de mémoire ambitieux et nécessaire.

Les jeunes grandissent dans un pays, dans un monde où l’antisémitisme, le racisme, le rejet et la haine de l’autre existent encore, s’expriment et tuent. Dans un monde où des femmes, des hommes, des enfants fuient toujours les guerres et les persécutions.

Le rôle des Etats, des institutions, est essentiel mais chacune et chacun a aussi une responsabilité individuelle. Par son silence ou sa complicité mais aussi par son engagement, sa résistance, son action, chacune et chacun d’entre nous pèse, agit et dessine le visage du monde dans lequel nous voulons vivre. Un monde de guerre ou de paix, d’inégalité ou de justice, d’oppression ou de liberté.

Ce mémorial pédagogique sera un outil important pour faire vivre la vigilance citoyenne dont les jeunes sont les premiers acteurs et les premières actrices.

Nous continuons à porter haut et fort l’exigence de cette création avec toutes celles et ceux qui veulent faire vivre les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité.

Prenons nos affaires en main : Votons pour « Nos Vies d’abord » !

Dans cette période troublée, lourde de menaces pour la démocratie, pour nos libertés aussi, il est plus que jamais nécessaire de faire vivre le droit à la parole, le dialogue, de porter haut l’exigence de l’égalité, de la justice sociale et de la paix.

Face à la droite qui porte un projet sécuritaire et d’austérité pour notre Région, contre le FN qui prône la haine de l’autre et l’exclusion, les candidats de la Liste « Nos Vies d’abord » menée par Pierre Laurent parlent de nous, de nos vies.

Jeunes, femmes, habitant-e-s des quartiers populaires, nous ne sommes pas un problème mais la solution !

Disons ensemble, bien fort, l’exigence de dignité, de respect et d’autonomie pour tou-te-s les Francilien-ne-s !

L’exigence de l’égalité contre le racisme, le mépris et le paternalisme !

Tous les jours nous développons des réseaux de solidarité, nous créons du commun dans nos quartiers, dans nos lieux de vie, d’études et de travail. Nous aimons notre région pour sa diversité, sa jeunesse, ses quartiers, son ouverture au monde.

Voter dimanche 6 décembre pour « Nos Vies d’abord », c’est mettre toutes ces énergies au service d’un projet d’égalité, d’émancipation humaine, de développement social et de transition écologique.

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Quelques propositions portées par la Liste « Nos Vies d’abord » :

  • La gratuité des transports publics pour les moins de 18 ans
  • La construction de 100 000 logements par an dont la moitié de logements sociaux
  • La mise à disposition de logements pour les mères élevant seules leurs enfants
  • La création d’une carte Jeunes ouvrant l’accès aux droits, à la santé, à la culture, aux loisirs
  • La gratuité du matériel dans les filières professionnelles des lycées
  • Des commandes publiques et des subventions aux entreprises respectant des engagements d’embauche et d’insertion de jeunes des quartiers et d’égalité salariale femmes/hommes

 

La solidarité et l’éducation contre la barbarie et le fanatisme

Les attentats de vendredi nous ont toutes et tous saisi d’effroi et de sidération.

Chacune et chacun mesure bien que cette violence aveugle, inconcevable, touche au cœur même de la vie, celles des victimes, de leurs proches mais aussi au cœur de notre vivre ensemble, à nous toutes et tous , dans la diversité de nos origines, de nos cultures, de nos convictions.

Nous sommes dans le temps du deuil et de la tristesse et je veux dire combien je partage la douleur des familles des victimes et la compassion très spontanée qui s’est exprimée ce weekend à Paris, dans notre Région, en France et dans de très nombreux pays du monde.

Dans les moments tragiques que nous vivons, je suis frappée tout autant par cette belle fraternité exprimée que par l’engagement et la mobilisation exemplaires des forces de l’ordre, des sauveteurs, des pompiers, des médecins et des équipes médicales et sociales. Le service public a montré une fois encore combien il est la grande richesse de notre pays, combien il est toujours en première ligne lorsqu’il s’agit d’aider, de protéger les Français-e-s.

Hier matin les jeunes ont retrouvé leurs lycées, leurs ami-e-s, leurs enseignant-e-s. Je sais que cette matinée a été consacrée à des échanges, en classe, pour donner tout son sens à la minute de silence.

Dès samedi j’ai tenu avec le président Huchon à adresser un courrier à l’ensemble des proviseur-e-s et des équipes éducatives des lycées franciliens pour saluer leur engagement républicain et éducatif et les assurer de notre soutien et de notre vigilance pour répondre à leurs besoins, notamment en terme de sécurité des établissements et des lycéen-ne-s.

Une fois encore les équipes éducatives du service public d’Education nationale étaient elles aussi en première ligne. Ce sont elles qui sont chaque jour aux côtés des jeunes pour les aider à donner du sens au monde, à grandir, à développer pleinement leur intelligence, à exercer leur liberté et leur citoyenneté. Elles ont comme seuls outils la culture, la connaissance, l’intelligence et la pédagogie, l’empathie pour les jeunes.

Je veux leur dire une fois encore toute mon admiration pour leur rôle majeur et les missions capitales qu’elles ont à exercer pour que chaque jour les valeurs fondamentales de la République ne soient pas que de simples mots sur des frontons. Leur dire aussi, comme responsable politique, comme citoyenne, mes remerciements sincères et chaleureux et mon soutien.

Une fois encore, après les attentats de janvier, les professeur-e-s, les personnels de l’Education sont investi-e-s d’un rôle majeur, aujourd’hui pour accompagner les jeunes dans l’expression de l’émotion et de la compassion mais surtout commencer avec elles et eux un long dialogue qui les aidera à comprendre les enjeux et les conséquences de la situation que nous vivons, à penser la complexité du monde et de l’humanité et à lui donner du sens pour avoir prise sur le cours des choses et relever les défis des temps nouveaux.

J’ai en effet la conviction que c’est aussi en faisant toute sa place à la parole, à l’écoute, à la confiance mais aussi à l’engagement des jeunes que nous pourrons construire, avec la culture, l’éducation et un nouveaux rapports aux savoirs, les conditions pour lutter contre la barbarie et le fanatisme.

Les enseignant-e-s ne peuvent pas être seul-e-s face à cette tâche et à ces missions. Il s’agit d’une responsabilité collective, d’une responsabilité de toute la Société.

Elles exigent d’immenses qualités et des connaissances aussi qui aident à structurer une réflexion éducative et démocratique. C’est pourquoi l’Education nationale doit faire une priorité de la question de l’accompagnement et de la formation des enseignant-e-s et des personnels. Mettre des ressources à disposition bien sûr mais surtout développer nettement la qualité, la nature, le contenu de leur formation, initiale et continue, pour leur donner les outils, les clefs, les pistes et le temps de réflexion qui leur permettront de remplir pleinement leurs missions au service de l’éducation et des jeunes.

La lutte pour l’égalité et la justice, la culture et l’éducation participent pleinement de la cohésion et de la sécurité de la nation. Le service public en est l’outil. Il est l’incarnation, au plus près des Français-e-s, de la République. Il est essentiel, dans les temps troublés que nous vivons, que cette richesse et cette force soient plus que jamais soutenues et renforcées.

Addi(c)tion de mépris et de démagogie : les Lycéen-ne-s méritent mieux que des caricatures !

En prétendant lutter contre le décrochage scolaire, Valérie Pécresse affirme aujourd’hui dans la presse  que si elle était élue présidente de la Région Ile-France, les lycéen-ne-s seraient soumis-es à des tests obligatoires de dépistage de consommation de cannabis.

Cette annonce tonitruante qui marque une nouvelle poussée sécuritaire dans une campagne toujours plus à droite de la candidate de droite interpelle à plus d’un titre.

Elle est d’abord une instrumentalisation regrettable du décrochage scolaire ; d’autant plus regrettable que la Région devra assumer dans la prochaine mandature le plein exercice de nouvelles compétences dans la lutte contre le décrochage.

Il aurait été plus responsable de la part de Valérie Pécresse de dire comment elle compte agir – si elle est élue – pour participer à remettre sur le chemin de la réussite scolaire les jeunes en situation de décrochage. C’est un sujet qui mérite mieux qu’une pirouette électoraliste : il concerne des jeunes en souffrance qui ne peuvent pas se projeter dans l’avenir, qui peinent à trouver leur place dans une société où l’obtention d’un diplôme est indispensable pour une insertion professionnelle et cela représente un incroyable gâchis parce que la jeunesse de l’Ile-de-France, la vitalité démographique de notre région est une chance pour son dynamisme et son développement.

Par ailleurs cette proposition de Valérie Pécresse exprime de sa part une bien triste vision de la jeunesse. Considérés a priori comme dangereux, délinquants, drogués, les jeunes sont traités comme des suspects et des irresponsables.

Loin de cette vision répressive et sécuritaire de la jeunesse et de l’éducation , j’ai fait le choix, pendant toute cette mandature comme Vice-présidente en charge des lycées et des politiques éducatives, de prendre le parti pris des jeunes. C’est-à-dire leur faire confiance et construire sur cette confiance un rapport démocratique avec les lycéen-ne-s d’Ile-de-France qui sont les premières actrices et les premiers acteurs à la fois de leur scolarité et – je le crois profondément – des transformations nécessaires du système éducatif et de la société pour plus de démocratie, plus d’égalité et plus de réussite. Chaque fois qu’on leur donne les moyens de peser vraiment, chaque fois qu’on leur permet d’exercer leur liberté, de s’exprimer, de construire un projet, en les traitant à part entière comme des citoyennes et des citoyens, les jeunes sont capables de réaliser avec leur énergie, leur engagement et leurs forces de conviction des choses magnifiques.

Enfin, la question des addictions chez les jeunes est un enjeu important à la fois d’éducation et de santé qui doit être traité avec beaucoup de sérieux et en cherchant avant toute chose les meilleurs moyens de les prévenir, de les détecter et de les soigner. La stigmatisation et la répression ne peuvent pas résoudre les causes profondes des consommations excessives.

Sans parler des limites juridiques, soulignons d’ailleurs le caractère presque ubuesque de la proposition de Valérie Pécresse quand elle affirme qu’un jeune qui refuserait de se soumettre au test de dépistage serait automatiquement considéré comme positif…

C’est pourquoi, en plus du nécessaire travail d’alerte et d’information, il faut dans les lycées la présence systématique de personnels socio-médicaux, aptes à accompagner individuellement les jeunes en addiction par une approche médicale, psychologique et éducative.

Or, aujourd’hui, quelles qu’en soient les raisons (postes vacants ou en nombre insuffisants, conditions de recrutement et de travail…) trop de lycées sont dépourvus de médecins scolaires et n’ont pas d’infirmier-e-s à temps plein. Cette faiblesse de la médecine scolaire fragilise l’application du droit à la santé qui est un principe fondamental rappelé dans la convention internationale des droits de l’enfant.

Sans surprise, Valérie Pécresse surfe donc sur la stigmatisation des jeunes et la surenchère répressive et sécuritaire.

De notre côté avec mes amis du Front de Gauche, nous continuerons à travailler avec les jeunes, avec les équipes éducatives, avec les acteurs et actrices de la santé et de l’éducation pour que, sur ce sujet comme sur bien d’autres, une action publique efficace et concertée soit mise en œuvre.

Le Parti pris des Jeunes

Comme beaucoup le savent déjà, je ne serai pas candidate aux élections régionales des 6 et 13 décembre prochain.

J’ai pris très tôt dans cette mandature cette décision parce que le renouvellement des générations, des personnes avec la diversité de leurs parcours, est une des conditions essentielles de la vitalité de la démocratie et de la politique.

Je suis heureuse aujourd’hui de tenir cet engagement et de voir avec la liste Front de gauche conduite par Pierre Laurent une nouvelle génération de femmes et d’hommes qui font vivre nos idées et nos combats.

Je fais campagne à leur côté avec toute mon énergie et un grand bonheur.

Elue en 1998,  j’ai exercé pendant 3 mandats, dans la majorité de gauche, de nombreuses responsabilités dont, depuis 2010, celle, très enthousiasmante et riche d’expériences, de Vice-présidente en charge des lycées et des politiques éducatives.

Pendant ces 17 ans, Je crois vraiment que nous avons montré avec les élu-e-s communistes-Front de gauche qu’il est possible au sein d’une majorité et dans les institutions d’agir sur le réel, de peser sur le cours des choses.

Alors bien sûr, beaucoup reste à faire et chaque avancée a été le fruit d’un engagement, d’un grand travail de conviction et de combats politiques. Mais notre enjeu a bien été de mettre au centre des politiques publiques les préoccupations directes des Francilien-ne-s, de faire de la Région une collectivité de proximité qui dialogue avec elles et eux.

Le_parti_pris_des_jeunesC’est cette ambition et cette certitude qui ont guidé mon action comme vice-présidente aux côtés des jeunes d’Ile-de-France. En cette fin de mandat j’ai voulu publier un livre pour faire le récit de cette expérience forte et souvent innovante de démocratie collaborative qui montre qu’il est possible de faire de la politique autrement, en construisant l’action publique avec celles et ceux pour qui elle est faite.

Pendant ces cinq années, avec les jeunes, nous avons avancé ensemble pour plus de démocratie, plus d’égalité et plus de réussite.

Nous avons mené un dialogue ininterrompu pour construire ensemble les politiques régionales qui concernent leur vie de lycéen-ne-s.

Leur belle liberté, leur engagement, leurs attentes, leur énergie et leur force de conviction sont les vrais leviers pour repenser l’éducation et l’Ecole mais aussi plus largement pour redonner du sens à la citoyenneté et à la politique.

Ce que j’ai fait avec les jeunes d’Ile-de-France et la confiance qu’ils et elles m’ont accordée m’engage et je veux aussi avec ce livre – dont ils et elles sont les vrai-e-s héros et héroïnes – faire entendre leurs paroles et leurs exigences pour que la priorité à la jeunesse soit pour de vrai au cœur des élections de décembre et surtout des politiques qui seront menées dans la prochaine mandature.

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Restauration scolaire : un enjeu d’égalité et d’éducation

J’ai présenté hier au vote de la dernière Commission permanente de la Région l’élargissement de notre réforme de la restauration scolaire à 2 nouveaux départements.

A partir de la rentrée 2016, ce seront donc tous les lycées de l’Essonne et des Hauts-de-Seine, soit près de 90.000 jeunes supplémentaires, qui bénéficieront à leur tour de la tarification unique au quotient familial déjà mise en œuvre en Seine-Saint-Denis, dans le Val-de-Marne, le Val-d’Oise et la Seine-et-Marne.

Cette tarification sociale – c’est-à-dire prenant en compte les revenus des familles – est l’élément central de la réforme du service public de la restauration scolaire que j’ai portée auprès de la majorité régionale avec le soutien du groupe Front de gauche et qui a été votée en mars 2014.

Notre action sur la tarification est absolument nécessaire – c’est une question de justice sociale – mais elle doit s’accompagner d’une amélioration de la qualité et de la diversité des repas et des menus, de l’accueil et de la convivialité, d’une réduction du temps d’attente et de queue…

La restauration scolaire est bien un sujet majeur pour les lycéennes et lycéens. C’est pourquoi elle doit être reconnue comme tel par l’ensemble des membres de la communauté éducative : aussi bien les personnels de cuisine que les proviseur-e-s, les enseignant-e-s, les parents et bien sûr les services du Conseil régional. Il faut lui donner toute sa place dans la vie du lycée.

L’amélioration durable de la demi-pension ne peut être mise en œuvre qu’avec un engagement collectif des équipes de direction, des agents, des enseignant-e-s, des jeunes eux-mêmes. Beaucoup ont dit qu’ils y étaient prêts. Et c’est la base la plus solide sur laquelle nous pouvons construire une action commune.

C’est tout l’objet de la « charte régionale de qualité de la restauration dans les lycées franciliens » que j’ai fait voter hier lors de cette même Commission permanente.

Son contenu a été travaillé avec les chefs de cuisine mais aussi avec les partenaires régionaux comme le GAB (Groupement des Agriculteurs biologiques) ou le CERVIA (Centre régional de valorisation et d’innovation agricole et alimentaire) et les usager-e-s. Elle a intégré notamment les critiques et les propositions que j’ai entendues de la part des jeunes lors de la consultation que j’ai menée au printemps dernier.

Les lycées qui signeront cette charte s’engageront volontairement sur des critères précis de qualité de la restauration scolaire concernant aussi bien l’accueil et la convivialité, le respect du temps consacré à la pause méridienne, la diversité et la qualité des repas, la communication et les relations avec les usager-e-s, la formation des personnels et leur accompagnement, la lutte contre le gaspillage, l’approvisionnement aussi en favorisant le local, le bio et une meilleure gestion via des groupements d’achat. La région s’engage de son côté à accompagner les lycées volontaires pour les aider à mettre en œuvre la charte.

Cette charte est un outil partagé parce qu’elle a été concertée et qu’elle permet d’associer et de valoriser le travail des chef-fe-s de cuisine et de leurs équipes, qui sont des personnels de la Région. Elle permettra à la fois une évaluation de la restauration scolaire et une incitation forte à l’améliorer.

Je mesure bien tout le chemin qui reste à parcourir. L’amélioration de la restauration scolaire est un chantier important. Nous avons commencé ce travail et je crois sincèrement que le fait de mettre la lumière sur des enjeux qui étaient trop souvent ignorés, ou pas suffisamment considérés, a permis de faire partager très largement la nécessité de poursuivre dans la durée cet engagement et cette ambition.

 

 

 

 

La scolarité obligatoire jusqu’à 18 ans : un premier pas pour transformer l’Ecole

En présentant son projet de réforme du Diplôme national du Brevet qui se passe en fin de collège, la ministre de l’Education nationale a dit : « Quitter le collège c’est quand même un moment très important parce qu’on quitte ce qu’on appelle aujourd’hui la scolarité obligatoire ».

Cette déclaration, noyée sans doute au milieu des nombreuses oppositions à la réforme des collèges, est passée inaperçue.

Elle est pourtant particulièrement inquiétante.

La scolarité est bien, depuis 1959, obligatoire jusqu’à 16 ans et non pas jusqu’à la fin du collège.

La différence est fondamentale.

En effet, aujourd’hui près de 97% des jeunes de 16 ans sont au lycée et plus de 77% des jeunes de 18 ans sont scolarisés [1] … En Île-de-France ce sont 85% des jeunes franciliennes et franciliens de 18 ans qui poursuivent leurs études.

La ministre donc laisse entendre que la scolarité obligatoire est réduite, limitée au collège. Si ces propos étaient autre chose qu’une maladresse, ils constitueraient à la fois une régression, un retour en arrière incompréhensible et inadmissible par rapport à la situation actuelle, et surtout un abandon coupable de l’ambition, des valeurs qui, à gauche, ont toujours fait de l’éducation et de la jeunesse la priorité.

Au-delà, à trois reprises, en 1981 comme en 1997 puis 2012 la gauche au pouvoir a raté l’occasion d’initier une véritable transformation de l’Ecole en portant l’âge de la scolarité obligatoire à 18 ans.

En effet une telle décision s’inscrirait dans la dynamique lancée en 1882 par Jules Ferry et continuée par Jean Zay sous le front populaire puis par l’ordonnance de 1959. Et surtout, comme le montrait déjà le Plan Langevin-Wallon de 1947, élaboré dans le cadre du Conseil National de la Résistance, cette élévation de l’âge de la scolarité obligatoire est un levier de la nécessaire démocratisation du système éducatif français.

Le premier enjeu est celui de la justice sociale. La scolarité obligatoire, c’est la gratuité. Les frais d’équipement en lycée professionnel peuvent, selon les filières, être particulièrement lourds et sont le plus souvent à la charge des jeunes ou de leurs familles. En juin 2015, j’ai rendu publique une enquête menée pour la région sur le travail rémunéré des lycéen-ne-s d’Île-de-France

Près de 10% de ces jeunes travaillent de manière régulière et avec un nombre d’heures élevé. Il s’agit des jeunes issu-e-s des milieux les plus modestes qui travaillent parce qu’ils en ont besoin.

Il leur faut une volonté énorme pour continuer d’aller au lycée, parce que leur vie se déporte. Le travail salarié avec un nombre d’heures aussi important entre en concurrence avec le travail scolaire. Il entraine de la fatigue, une déconcentration. Cela joue un rôle important dans les phénomènes de décrochage.

Le second enjeu, le plus important finalement, est celui de la réussite de tous les jeunes et de notre capacité collective à accompagner leur ambition plutôt qu’à la brider. Rendre obligatoire la scolarité jusqu’à 18 ans nous obligerait à changer vraiment l’Ecole pour que chaque jeune y trouve sa place. Aujourd’hui le système scolaire est construit sur la sélection dite méritocratique mais dont chacun sait qu’elle reproduit et aggrave les inégalités sociales. Les procédures d’orientation, la rigidité des filières, les contenus enseignés et trop souvent les pratiques pédagogiques empêchent ou découragent trop de jeunes et particulièrement celles et ceux des familles populaires de développer leur potentiel.

Il faut pour cela remplacer le mérite par l’égalité pour permettre à chaque jeune quelles que soient ses origines sociales, géographiques, culturelles d’ouvrir ses possibles et de les réaliser. L’école doit reconnaitre à chaque jeune le droit de se tromper, de tâtonner, d’essayer. Cette fluidité des parcours scolaires passe par la mise en place de passerelles entre les voies et les filières. Elle exige aussi une pédagogie renouvelée qui redonnerait goût et espoir aux élèves en difficultés par un rapport nouveau à la culture, à l’art, aux savoirs ; par la reconnaissance de l’intelligence sensible à côté de l’intelligence abstraite et à égalité avec elle.

Alors oui, refonder vraiment l’école pour en faire le lieu de l’égalité et de l’émancipation, est à la fois nécessaire et possible. L’allongement de la scolarité obligatoire à 18 ans en serait le signe et finalement le commencement.

C’est à nous de nous hisser à la hauteur de l’ambition des jeunes !

[1] Cf Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche – 2015 DEPP Ministère de l’éducation nationale

DGFL 2016 : continuer à donner la priorité aux jeunes!

Jeudi 24 septembre a eu lieu le dernier Conseil régional de cette mandature.

J’ai présenté au vote des élu-e-s régionales et régionaux le dernier projet de Dotation Globale de Fonctionnement des Lycées (DGFL) sous ma responsabilité. Il s’agit du budget annuel attribué par la région aux 469 lycées franciliens pour leur fonctionnement quotidien.

Depuis 2010, comme Vice-présidente, j’ai œuvré pour que cette dotation, essentielle pour les établissements, réponde à leurs besoins et soit à la fois juste et transparente.

C’est dans la poursuite de cette ambition portée pour l’égalité et la réussite de toutes les lycéennes et tous les lycéens d’Ile-de-France que s’ inscrit ce projet de dotation pour l’année 2016.

La présentation de cette dotation a été l’occasion pour moi de dire que beaucoup reste à faire pour les lycées et les lycéen-ne-s et qu’il faut continuer inlassablement à inventer, à innover, à transformer mais que je crois sincèrement que nous avons, pour de vrai, avancé vers plus d’égalité, plus de justice, plus de proximité et plus de démocratie.

Cette Dotation Globale, qui était par ailleurs le dernier rapport de ce dernier Conseil régional, a été adoptée par l’unanimité des élu-e-s régionales et régionaux.

Voici l’intervention que j’ai prononcée :

« Les lycées, ce sont des millions de mètres carrés, des centaines de millions d’euros, des centaines de milliers de jeunes…

Mais avant tout c’est une réalité humaine, tangible, sensible.

En cette rentrée, je suis allée notamment inaugurer le foyer des élèves du lycée Marcel Cachin à Saint Ouen rénové dans le cadre du BPL, visiter le chantier de la demi-pension du Lycée Jacques Brel de La Courneuve, rencontrer les jeunes et les équipes du lycée agricole de Saint germain que nous avons magnifiquement rénové, déjeuner au restaurant scolaire des lycées Langevin Wallon et Louise Michel de Champigny-sur-Marne, inaugurer le nouveau nom du lycée de Dammartin-en-Goële qui s’appelle désormais lycée Charlotte Delbo…

La diversité de nos lycées, de nos territoires, des jeunes et finalement des actions de la région…

A chaque fois, comme depuis 5 ans, j’ai entendu les jeunes, les enseignant-e-s, les équipes de direction et les personnels de la région me dire leur ambition, leur engagement, leurs difficultés aussi.

J’ai entendu leurs attentes mais aussi leur confiance dans l’action régionale.

Je pense notamment aux enseignants du lycée Marcel Cachin qui ont dit tout ce qu’il restait à faire pour donner à leur établissement la dignité qu’il mérite et en même temps combien ils et elles sentent que la région est présente à leur côté, à leur écoute et combien cela leur redonne confiance dans la parole politique et dans l’action publique.

Le fait que depuis 2010 le budget régional d’investissement en faveur des lycées ait augmenté de 20% et celui des politiques éducatives et de soutien à la vie lycéenne de 25% y est pour beaucoup…

Mais il y a aussi la reconnaissance d’une méthode qui construit la confiance par la proximité, le dialogue, la concertation, guidée par une certitude : toute action publique doit se construire avec celles et ceux pour qui elle est faite.

C’est l’enjeu majeur : « réconcilier le terrain des idées et celui de l’action politique » (Anne muxel), c’est-à-dire entendre l’exigence d’une parole et d’une écoute vraies qui se concrétisent par des actes et des changements.

Alors oui : beaucoup reste à faire pour les lycées et les lycéen-ne-s. Mais je crois que nous avons, pour de vrai, avancé vers plus d’égalité, plus de justice, plus de proximité et plus de démocratie.

Je veux donc vous dire ma satisfaction de vous présenter aujourd’hui à nouveau un projet de DGFL qui incarne la poursuite de l’ambition que cette majorité a porté depuis 2010 pour l’égalité et la réussite de toutes les lycéennes et tous les lycéens d’Ile-de-France.

Ce projet de dotation, sur lequel le CIEN du 21 septembre a émis un avis favorable, s’inscrit dans la continuité des choix politiques qui ont marqué notamment la DGFL 2015 : consolider les moyens des lycées, notamment en les soulageant des dépenses d’énergies, les accompagner, dans la proximité et le dialogue, porter une attention particulière aux jeunes des classes populaires.

Sans présenter les détails de cette DGFL, que le rapport qui est soumis à votre vote développe, je veux indiquer quelques points précis qui marquent bien notre ambition.

Tout d’abord l’amplification de la reprise en gestion directe des dépenses d’énergie, dans le cadre de l’application du Plan Climat. La Région depuis 2014 prend en charge progressivement en gestion directe les dépenses de chauffage c’est-à-dire une des dépenses les plus inflationnistes. En 2014, plus de 300 lycées étaient concernés. En 2016, ils seront 427 sur les 469 lycées franciliens. Cela soulage les établissements et permet une nette amélioration des services rendus en termes de fourniture, de maintenance et d’interventions et donc de confort pour les élèves et les équipes éducatives. Ces dépenses ne sont plus incluses dans la DGFL et c’est aussi une satisfaction pour les établissements.

Pour 2016, et dans la suite logique de l’engagement de notre collectivité, ce sont les consommations électriques des lycées qui feront l’objet de cette même reprise en gestion directe. Le Conseil Régional a adhéré au groupement de commandes du

SIPPEREC (Syndicat Intercommunal de la Périphérie de Paris pour l’Electricité et les Réseaux de Communication) en vue de l’achat d’électricité nécessaire aux sites relevant de la Région (locaux de l’administration régionale, lycées, bases de loisirs).

Ce recours à un groupement de commande de niveau régional permet à la fois une meilleure gestion des fonds publics mais aussi l’achat d’électricité « verte » par le biais des certificats de garanties d’origines, laquelle constitue une priorité pour la collectivité régionale.

Cette reprise en gestion directe doit être accompagnée d’un travail éducatif dans les établissements pour faire partager les enjeux d’économie d’énergie et développer des pratiques responsables. Le dispositif des lycées éco-responsables est l’outil adapté, qui doit être étendu.

Deuxième élément qui incarne la proximité que nous entretenons avec les lycées et l’attention à leur situation particulière : l’extension à 24 lycées supplémentaires de la dotation « petits lycées » créée l’année dernière ainsi que celle de la dotation éloignement à 4 nouveaux lycées. La dotation « petits lycées » permet d’amortir pour 66 lycées la baisse de leurs effectifs et la baisse inhérente de leur DGFL et donc de stabiliser leur moyens de fonctionnement. 60% de ces petits lycées sont des lycées professionnels accueillant un public défavorisé. La dotation d’éloignement bénéficie à 70 établissements. Elle est destinée à financer les déplacements à but culturel et pédagogique des élèves.

Troisième point : La Dotation solidarité, revalorisée significativement l’année dernière concerne 176 lycées dont la liste a été adoptée dans le cadre du vote de la DGFL 2014 sur une période de 3 ans correspondant d’une part, au cursus d’un-e lycéen-ne et d’autre part, permettant aux établissements de mettre en œuvre et d’installer avec une certaine pérennité des partenariats et des projets culturels, pédagogiques de qualité.

Elle bénéficiera en 2016 à 120 534 élèves soit + 1,1% par rapport à 2015 pour un budget de 5,348 millions d’euros soit une hausse de 8,1% par rapport à 2015.

Enfin nous entrons dans une dynamique nouvelle, au moins jusqu’en 2020, d’augmentation du nombre de lycéen-ne-s qui exige de notre part une attention

vigilante, compte tenu que la DGFL est calculée chaque année sur les effectifs constatés par l’éducation nationale à l’année N-2. C’est pourquoi j’ai voulu qu’il soit spécifié dans le rapport que je vous présente que le Fonds commun de fonctionnement servira à abonder la DGFL des lycées qui connaitrait des augmentations significatives d’élèves.

Je tiens à remercier les services de l’Unité, qui, sous la direction de Catherine Deshors, mènent ce travail quotidien d’écoute et de proximité auprès des lycées franciliens. Cette année ce sont plus de 100 établissements qui ont été reçus en dialogue de gestion pour répondre à leurs besoins au plus près de leur réalité.

Plus largement, cette mandature a donc vu une refonte majeure du mode de calcul de la DGFL avec la définition de critères transparents et justes, la mise en place d’outils permettant une meilleure adaptation aux besoins des établissements ainsi que plus de souplesse et de réactivité.

Je crois que nous arrivons à la fin d’un cycle. Notre politique, notamment, de reprise en gestion directe des dépenses d’énergie qui soulage les lycées de dépenses importantes de viabilisation doit nous inciter à mener une réflexion pour prendre en compte de nouvelles réalités et continuer à adapter nos outils, nos méthodes.

Vous le voyez, le travail est toujours devant nous, notre effort pour les lycées et les lycéenne-s n’est pas fini. Il faut continuer inlassablement à inventer, innover, transformer.

Je veux dire mon souhait, mon désir ardent et surtout l’absolue nécessité que se poursuive cette priorité donnée aux jeunes d’Ile-de-France.

Jeunes d’Ile-de-France, dont j’ai résolument et avec beaucoup de bonheur pris le parti.

Je vous remercie »

Actuéco : le catéchisme néolibéral sous logo ministériel ? [Tribune de François Labroille]

« L’institut de l’entreprise » officie depuis 40 ans comme lobby patronal particulièrement actif pour promouvoir le rôle de l’entreprise dans l’enseignement. Les professeurs de Sciences Economiques et Sociales en connaissent depuis longtemps les prétentions et les pressions pour, au prétexte de la valorisation des entreprises, normaliser leur enseignement. La dernière initiative en date de ce club très remuant vient d’être dévoilée lors des entretiens enseignants-entreprises : le premier numéro d’actueco, journal destiné aux lycéens, associant le logo du Ministère de l’Education Nationale à celui de l’IDE,y a été présenté avec l’objectif « d’éclairer les thématiques des programmes par des faits d’actualité et alimenter le débat en classe ».

En guise de débat contradictoire, la « UNE » donne le ton en s’ouvrant sur le titre « Les Français largement favorables à un assouplissement du marché du travail » et un article en page 3 explique « pourquoi il va bien falloir finir par toucher le SMIC ». Qu’un lobby patronal cible les lycéens de la sorte est déjà en soi problématique, mais que le logo du ministère de l’éducation nationale vienne cautionner une telle propagande néo libérale contrevient aux principes élémentaires de la laïcité. A la suite d’une interpellation de l’APSES, l’association des professeurs de Sciences Economiques et sociales », le ministère semble avoir démenti avoir donné son accord. Dont acte ! Mais le respect du pluralisme et des jeunes dans leur droit à une formation exigeante, ouverte au pluralisme des courants de pensée et au débat d’idées demanderait une attitude bien plus circonspecte de la part du MEN vis à vis de l’IDE. L’APSES vient de demander au MEN de mettre fin à ses divers partenariats avec l’IDE ( sous la forme notamment de formation continue des enseignants et de la nomination de trois hauts responsables de l’IDE en mars dernier au conseil National Education Economie). On ne peut qu’être sensible à cette demande. Les lycéens d’aujourd’hui sont les femmes et les hommes qui vont devoir relever des défis inédits que les crises économiques, écologiques, sociales posent à nos sociétés. Ne réduisons pas leur formation aux dogmes du néo libéralisme.

François Labroille
Professeur de SES
Conseiller régional alternative citoyenne du groupe du Front de Gauche (PCF, GU, AC)

Source : http://www.francois.labroille.fr/index.php/

Violences conjugales: un défi pour la parentalité

A l’occasion de la Fête de l’Humanité

Samedi 12 septembre à 16h30 – Stand de Neuilly-sur-Marne
(Avenue Fatima Bedar)
Rencontre-débat avec les auteur-e-s Edouard Durand et Ernestine Ronai

Les violences envers les femmes restent la violation des droits humains la plus répandue.
L’impact  sur les enfants des violences des hommes sur les femmes dans le couple est aujourd’hui reconnu.

Cette question des violences faites aux femmes émerge dans le débat politique – c’est-à-dire la vie de la cité, l’action collective – depuis relativement peu d’années: au début des années 1970, au moment où l’on assiste à l’entrée massive des femmes dans le salariat et où les femmes gagnent la maîtrise de leur fécondité. Ces deux phénomènes font que les femmes sont mieux entendues lorsqu’elles révèlent les violences subies.

Un seul chiffre suffit à donner la mesure du problème: en 2014, l’INSEE indique qu’en France, 216000 femmes âgées de 18 à 75 ans ont déclaré avoir été victimes de violences graves dans leur couple (violences physiques et/ou sexuelles).

La violence n’est pas un simple conflit dans le couple. Elle se déroule dans un contexte de domination de l’homme sur la femme, elle a lieu dans un contexte inégalitaire où le conjoint violent impose ses décisions, développe une véritable emprise sur la victime.

La prise de conscience que les violences dans le couple ont un impact fort sur le développement de l’enfant qui souffre de cette situation est récente.

Un consensus des experts internationaux, s’appuyant sur de nombreuses études, soulignent l’impact de la violence dans le couple sur l’enfant et sur la parentalité. Sachant que 75 % des passages à l’acte violents ont lieu par rapport à une question concernant l’enfant, la violence est nettement liée à l’exercice de la parentalité. De plus, la violence ne s’arrête pas avec la fin de la relation conjugale. Elle persiste dans le lien qui continue à exister entre victime et auteur : le lien co-parental.

Comment protéger la mère et son enfant ?

L’idée assez répandue qu’un mari violent est un bon père est une construction sociale mise à mal par toutes les études nationales et internationales. La violence dans le couple est dangereuse pour la mère et pour ses enfants, il faut donc mettre en place des dispositifs spécifiques qui permettent de les protéger, éviter de mettre en présence la victime et l’agresseur.

                                                  Violences Conjugales

L’ouvrage collectif « Violences Conjugales: Un Défi Pour La Parentalité » explore cette problématique et propose des dispositifs innovants. Les auteurs détaillent ensuite les mesures innovantes qui permettent de protéger les femmes et par conséquence, le développement affectif de leur enfant, en particulier le Téléphone Grave Danger, l’ordonnance de protection, et la mesure d’accompagnement protégé.

On comprend donc l’importance de ce livre écrit par Karen Sadlier, psychologue clinicienne expérimentée en psychotraumatologie; Ernestine Ronai qui mène avec ténacité une action politique et sur le terrain concernant les violences faites aux femmes ; et Edouard Durand, magistrat qui réfléchit depuis longtemps sur ce que pourrait être la fonction protectrice de la loi à l’égard des enfants.

En espérant vous voir nombreux-ses à l’occasion de cette rencontre !